LE GRAND PRIX D’ARCHITECTURE
DE L’ACADEMIE DES BEAUX-ARTS

Dossier de presse 2007

 

 

I. L’ART ET L’ARTISTE, ACTEURS DE LA VIE DU MONDE


II. L’ÉDITION 2007 DU GRAND PRIX D’ARCHITECTURE :
Imaginer un mode de vie durable


III. LES ÉPREUVES DU GRAND PRIX 2007 :
"Le Nouvel Établissement Humain"


IV. LE PALMARÈS DU GRAND PRIX 2007


V. ANNEXES
Les Précédents lauréats
Le Déroulement du concours
Les Partenaires
L’Académie des Beaux-Arts

 

 

L’ART ET L’ARTISTE, ACTEURS DE LA VIE DU MONDE

 

Formellement chargée de « contribuer à la défense et à l’illustration du patrimoine artistique de la France ainsi qu’à son développement dans le pluralisme des expressions », l’Académie des Beaux-Arts est loin de ne s’intéresser qu’au « beau ». Comme le pensait Jean-Baptiste Colbert, son co-fondateur, le « bon » pour le monde et le « bien » pour l’humanité sont au centre de ses réflexions et de ses actions.

Le Grand Prix d’Architecture, décerné chaque année par l’Académie des Beaux-Arts, s’inscrit dans cette ambition : l’architecture est le symbole de l’influence de l’art sur le monde, l’architecte celui de l’ancrage de l’artiste dans la vie sociale.

Fondée en 1975, cette prestigieuse distinction est le seul prix décerné par l’Académie des Beaux-Arts à l’issue d’un concours de grande composition organisé par elle-même. Constitué de trois épreuves (voir Annexe V), le Grand Prix d’Architecture de l’Académie des Beaux-Arts se déroule sur plusieurs mois et est doté de 40 000 euros répartis entre trois lauréats.

Ouvert aux architectes diplômés et aux élèves architectes de moins de 35 ans, ce fleuron de l’Académie des Beaux-Arts n’est pas seulement l’héritage du fameux Grand Prix de Rome. C’est aussi un « coup de pouce » donné à de jeunes talents. C’est enfin, son esprit évoluant avec le temps, de plus en plus une contribution à l’avenir de l’architecture, son enseignement, sa capacité à répondre aux grands enjeux d’aménagement et d’harmonie du monde.

« A la droite du pharaon »

Sous l’impulsion de la section d’architecture, le Grand Prix affiche désormais clairement sa volonté de se moderniser, de se connecter aux enjeux d’actualité, de redonner à l’architecte son vrai rôle et sa vraie place dans la cité « en n’oubliant pas que cette place était jadis à la droite du pharaon », comme le dit Michel Folliasson. Il s’agit, avec ce prix, de contribuer à apporter des éléments de réponse à des questions essentielles pour l’avenir de l’humanité et de redonner à l’architecture sa fonction première, que rappelait Claude Parent dans son discours de réception sous la Coupole : « Tous mes efforts d’architecte se font, depuis quarante ans, pour améliorer l’usage que l’on fait de la terre pour vivre et habiter».

Cette volonté de mettre en avant la fonction sociale de l’architecture et son impact sur le monde se traduit par le thème choisi pour l’édition 2007 : « Le Nouvel Établissement Humain ». Et par la décision exceptionnelle d’inscrire ces recherches dans la durée : le Grand Prix 2008 s’inscrira ainsi dans le prolongement de celui de 2007 en en perpétuant l’esprit mais aussi en permettant aux trois lauréats de cette année d’accéder directement à l’épreuve finale.

Ainsi, le Grand Prix d’Architecture de l’Académie des Beaux-Arts et les jeunes talents qui y participent contribueront-ils peut-être à l’invention de ce qui pourrait être une nouvelle charte d’Athènes du XXIe siècle.



L’ÉDITION 2007 DU GRAND PRIX D’ARCHITECTURE

IMAGINER UN MODE DE VIE DURABLE


Par Michel Folliasson et Claude Parent,
Membres de la section d’Architecture,
Présidents du Jury 2007

 

Le thème retenu cette année par la section d’architecture -la définition d’un Nouvel Établissement Humain- témoigne de la volonté de l’Académie des Beaux-Arts d’ancrer davantage le Grand Prix d’Architecture dans la recherche et les grands enjeux de société qu’elle explore aujourd’hui.

Cette nouvelle vision de l’habitat et de son environnement social et culturel devait être conçue à partir d’un fragment restreint de territoire (4 hectares pour 1 600 habitants au minimum).
Le Grand Prix 2008 s’inscrivant de manière inédite dans le prolongement de celui de 2007, les candidats auront l’an prochain à élargir leur vision pour traiter de la greffe de ce type de territoire sur une grande ville existante afin qu’elle puisse atteindre le chiffre de 10 à 15 millions d’habitants.

La plus grande liberté était laissée aux concurrents pour leur permettre d’inventer un nouveau territoire, fortement densifié et basé sur des économies aujourd’hui vitales : économie de l’espace et du sol, car la planète ne peut plus nous offrir les espaces libres nécessaires à la construction de villes nouvelles ; économie des énergies, car la planète n’est plus en mesure d’amortir l’impact de notre consommation ; économie de l’eau, car la planète connaît déjà en maints endroits une crise que va amplifier l’augmentation prévue de la température…

Par la mise en œuvre de nouveaux choix permettant de réaliser ces économies urgentes, par exemple le développement des transports publics à inventer, il s’agit d’imaginer une nouvelle vie durable et de réinventer les cheminements proches ou lointains qui marquent l’usage des territoires.

C’est tout cela que recouvre la notion d’« établissement humain » : l’installation de l’homme sur la planète de manière à pouvoir vivre, procréer, élever ses enfants et, d’une manière générale, communiquer avec ses semblables.

« Nous empruntons la terre à nos enfants »

Au cours des millénaires, l’établissement humain n’a cessé d’évoluer en fonction des dangers, des régions, des climats ou de l’évolution même du genre humain. Durant la Préhistoire, l’homme s’installe dans les cavernes naturelles qui lui assurent une certaine sécurité. Puis il invente la construction de son habitat, et se regroupe, parfois à l’ombre du donjon qui le protège, parfois en des sites élevés, points d’observation en cas de danger, parfois en bordure de rivière, de voies de communication faciles ou encore du rivage de la mer.

Ces regroupements ne cessent de se développer. Justifiés au départ par des réflexes sécuritaires, ils sont, par la suite, les conséquences de l’exode rural et de la révolution industrielle qui donnent tout son sens à la ville dont la taille s’accroît de plus en plus vite.
Ces concentrations vont, malheureusement, avoir des conséquences dramatiques sur l’aménagement de notre planète en engendrant d’innombrables gaspillages désormais inacceptables.

La conférence intergouvernementale tenue récemment à Paris a conclu à l’urgence absolue de la prise de conscience de cette crise. Nous sommes contraints de réagir pour les générations futures, comme le disait si bien Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

Seuls, désormais, des changements radicaux de notre manière de vivre pourront réduire ces gaspillages. Nous devons adopter un mode de vie durable et c’est ce mode de vie que devaient imaginer les candidats au concours à travers la problématique du nouvel établissement humain.

Le Grand Prix d’Architecture de l’Académie des Beaux-Arts n’a pas la prétention de vouloir résoudre tous les problèmes liés à notre habitat actuel. Mais il a en revanche l’ambition de donner aux concurrents la liberté totale nécessaire pour imaginer un nouveau mode de vie : vie économe, vie durable mais également vie épanouie.



LES ÉPREUVES DU GRAND PRIX 2007
LE NOUVEL ETABLISSEMENT HUMAIN

Dès la première épreuve de l’édition 2007 du Grand Prix d’Architecture de l’Académie des Beaux-Arts, les concurrents étaient confrontés au point de départ du Nouvel Établissement Humain : l’éveil de la petite enfance, où le principe de l’économie du sol étant respecté, le programme devait définir un lieu de vie adapté, agréable, efficace et ludique.

A la deuxième épreuve, les candidats retenus devaient prendre en compte la nécessité de repenser la forme de l’habitat, dévoreur d’espace. Les habitats que nous serons appelés à construire ne peuvent plus être conçus suivant les méthodes anciennes, encore d’actualité aujourd’hui. La solution nous est imposée, nous devons impérativement densifier nos cités.

Par une réflexion personnelle, poussée, sincère et en préalable à toute proposition, chaque concurrent devait définir sa conception de la vie. Est-ce la famille, l’individu, la collectivité ou toute autre considération instinctive personnelle qui doit constituer la référence, le noyau dur de sa conception de l’habitat nouveau ?

Lire ou relire La Forme d’une ville

C’est avec la plus grande liberté que chacun pouvait concevoir l’établissement humain qui comblera ces aspirations tout en respectant les nouvelles contraintes en matière d’économie de l’utilisation du sol : densification, en matière d’économie d’énergie ; utilisation des énergies renouvelables ; conception originale de l’approvisionnement ; conception nouvelle des liaisons habitat-travail ; utilisation accrue de transport en commun d’un type adapté ; utilisation limitée de l’automobile faite pour assurer les liaisons de ville à ville, de ville-campagne, et non plus de l’habitat au voisinage immédiat comme nous le faisons aujourd’hui… Enfin chaque concurrent devait organiser les prolongements de l’habitat pour faire de l’établissement nouveau un lieu d’échange et d’épanouissement et non plus une accumulation de « cellules isolées ».

A ce stade, pour illustrer notre demande par un exemple, c’est moins le modèle de l’école qui nous intéressait que la nature du chemin qui conduit à l’école, sa lecture par les petits, sa puissance à être mémorisée, la sensibilité du parcours. Il était à cet égard recommandé aux candidats de lire ou relire Julien Gracq : La Forme d’une ville ainsi que « La Route » dans le recueil La Presqu’île.

A la troisième et dernière épreuve, à partir de sa proposition faite à l’issue de la deuxième épreuve, chacun des huit candidats retenus pour la phase finale, devait proposer les plans détaillés de ce fragment de territoire, comportant les indications nécessaires à la compréhension de la structure constructive du bâtiment, ainsi que l’organisation des équipements complémentaires garantissant la qualité de la vie telle que conçue par le candidat. Un document numérique visuel et sonore présentant en détail cette conception devait être élaboré par le candidat comme un plaidoyer pour prouver l’excellence de la vie dans le fragment de territoire ainsi imaginé.
M.F. ET C.P.

 

ANNEXES

 

Les lauréats du Grand Prix d’architecture depuis dix ans

1997 : Grand Prix et Prix Charles Abella : M. Charles VILLENEUVE
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson :M. Etienne JACQUIN
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : M. François ZAB

1998 : Grand Prix et Prix Charles Abella : N’a pas été attribué
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : M. Laurent BROYON
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : N’a pas été attribué
Mention spéciale du Jury : M. Etienne JACQUIN

1999 : Grand Prix et Prix Charles Abella : Mme Floriande CHEREL
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : Mlle Julie KHAN MUCHIR
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : M. Franck CONSTANS

2000 : Grand Prix et Prix Charles Abella : M. Olivier ROUBLIQUE
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : Mlle Isabelle KOHLER
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : M. Alban SIMONET

2001 : Grand Prix et Prix Charles Abella : M. Romain VIAULT
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : M. Alban SIMONET
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : Mlle Julie NOUVEL

2002 : Grand Prix et Prix Charles Abella : M. Philippe HENNEQUIN
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : M. Loïc COQUIN
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : M. Thimotee BERGER

2003 : Grand Prix et Prix Charles Abella : M. Alban SIMONET
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : M. Cyrille REFAUT
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : M. Benjamin CHANU

2004 : Grand Prix et Prix Charles Abella : N’a pas été décerné
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : N’a pas été décerné
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson ex-aequo : Mlle Chloé FELLOUS
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson ex-aequo : M. Nicolas MASLIER
Mention spéciale du jury : M. Etienne JACQUIN

2005 : Grand Prix et Prix Charles Abella : M. Taylor ISHMAËL
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : M. Fabrizio ESPOSITO
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : M. Laurent LORCY
Mention spéciale du jury : M. Hector MARTIN

2006 : Grand Prix et Prix Charles Abella : M. Etienne FEHER
Deuxième Prix et Prix André Arfvidson : M. Julien ROUBY
Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson : M. Jean-Sébastien SCHWARTZ

 

Le Déroulement du concours

Le concours du Grand Prix d'Architecture de l'Académie des Beaux-Arts était ouvert à tous les architectes et étudiants en architecture, ressortissants ou non de la Communauté européenne, n'ayant pas dépassé l'âge de 35 ans au 1er janvier 2007.

Le concours comporte trois épreuves.

Première épreuve (au lieu de résidence des candidats) : esquisse permettant aux candidats de démontrer leurs aptitudes à la création.
Le jury, constitué par la section d’architecture de l’Académie (membres et correspondants), sélectionne sans classement les vingt meilleures esquisses au maximum, dont les auteurs sont invités à participer à la deuxième épreuve.

Deuxième épreuve (en loge dans le cadre de l’Institut) : esquisse sur un programme proposé par l’Académie. Cette épreuve se déroule dans les locaux de l’Académie des Beaux-Arts et dure 20 heures, de 7 heures 30 à 3 heures 30 le lendemain matin. Les candidats disposent chacun pour cette épreuve d’une station de travail informatique, de logiciels appropriés, de scanners et d’imprimantes A4/A3 partagés (matériel fourni par HP).
Le jury de la première épreuve sélectionne sans les classer, au maximum, les dix meilleures propositions dont les auteurs sont invités à participer à la troisième épreuve.
Cette année le jury a retenu huit candidats à l’issue de cette phase.

Troisième épreuve (hors de l’Institut) : projet définitif. Cette épreuve de grande composition doit expliciter le programme donné lors de la deuxième épreuve, augmenté de dessins complémentaires ainsi que de la précision des échelles requises pour le projet définitif.
Au terme de cette troisième épreuve, le même jury propose le classement des trois premiers lauréats, classement ratifié par l’ensemble de l’Académie.

L’auteur du projet classé premier est proclamé « Grand Prix d’Architecture de l’Académie des Beaux-Arts (Prix Charles Abella) ». Ce prix est doté d'une somme de 25 000 euros.
A cette prestigieuse récompense, s’ajoute un deuxième prix (Prix André Arfvidson) d'une somme de 10 000 euros et un troisième prix (Prix Paul Arfvidson) doté de 5 000 euros.

Tous les projets définitifs, récompensés ou non, font l'objet d'une exposition ouverte au public au Palais de l'Institut, salle Comtesse de Caen, 27, quai de Conti.
Cette année, l’exposition sera ouverte du vendredi 29 juin au mardi 10 juillet 2007 inclus, de 10 à 17 heures (sauf les dimanches).

 

 

Les Partenaires

L’Académie des Beaux-Arts bénéficie pour ce concours d’un important partenariat technologique avec la société HP et du soutien d’éditeurs de logiciels informatiques.

A titre indicatif, les logiciels mis à la disposition des 20 candidats sont, par ordre alphabétique des éditeurs (sous réserve d’acceptation), les suivants :
Editeur Abvent : ArchiCAD 10, ArtlantisR, SketchUp 5
Editeur Adobe : Adobe® Photoshop® CS2: Adobe® Illustrator® CS2
Editeur Arc Technology : ARC+ 2007 Edition
Editeur Autodesk : Autodesk® AutoCAD® Revit® Series - Building 9
(Revit® Building 9 et AutoCAD® 2007)
Editeur Autodesk : Autodesk® 3DS Max® 9
Editeur Bentley : MicroStation TriForma et Bentley Architecture
Editeur Cesyam : VectorWorks 12 Architecture
Editeur Nemetschek France : Allplan 2006, Cinéma 4D V10