LES ÉOLIENNES

S O M M A I R E

  1. Historique et inventaire
    Jean François COLLIGNON
    Appendice : Principaux textes législatifs et réglementaires
  2. Les Energies et les ressources renouvelables
    Michel HUG
  3. Les Eoliennes – Avantages
    André ANTOLINI
  4. Les Eoliennes – Inconvénients
    Alain BRUGUIER
  5. Eoliennes et Paysage
    Claude PARENT
  6. Les Eoliennes, belles comme Crésus
    Marcel BOITEUX
  7. L’Energie du vent
    Yann ARTHUS-BERTRAND
  8. Les Eoliennes et la santé publique
    Pr. Claude-Henri CHOUARD
  9. Les Eoliennes et le patrimoine
    Christian PATTYN
    Appendice : Liste des associations signataires
  10. Les Eoliennes et les Finances Publiques
    Henri PRÉVOT
  11. Frénésie éolienne, le chant des sirènes
    Didier WIRTH
  12. Conclusion de l’Académie des Beaux-Arts
  13. En guise d'appendice... quelques suggestions pour demain, inspirées par hier
    Claude PARENT

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Les Eoliennes

En guise d’appendice …
Quelques suggestions pour demain, à la lumière d’hier

Claude Parent, novembre 2007

Il semble qu’en dépit de nombreuses mises en garde émanant des autorités les plus compétentes, l’Etat soit définitivement engagé dans le recours à l’énergie éolienne eu égard à son argument écologique.

Mais, s’il est trop tard pour ralentir quelque peu les projets engagés ou décidés, il est encore temps de mettre en place une réflexion sur les dangers encourus par nos paysages par ces engins de 150 mètres de haut, qu’ils soient isolés ou regroupés en « bouquets », comme le disent poétiquement leurs prosélytes.

Permettez-moi de rappeler la politique de la France lors de l’installation des centrales nucléaires dès 1974, politique à laquelle j’ai été étroitement associé pendant une vingtaine d’années, dirigeant pour EDF en tant qu’architecte extérieur à la structure, le Plan Architecture du Nucléaire.

Il s’agissait de traiter dès l’origine, c'est-à-dire le plus en amont possible, tous les problèmes relatifs à l’implantation de ces centrales (sur des emprises de 100 à 200 hectares), en termes d’architecture et d’environnement.

J’ai créé un « Collège du Nucléaire » de neuf architectes (dont trois Académiciens de la section d’Architecture, Paul Andreu, Roger Taillibert et moi-même) associés obligatoirement à des paysagistes et à des coloristes conseil pour traiter de l’intégration des centrales (avec des tours de réfrigération de 160 mètres de haut et de 200 m de diamètre) dans les paysages les plus sensibles du pays, en bordure des grands fleuves et sur les côtes des océans.

Les résultats obtenus ont été considérés comme particulièrement intéressants de l’avis des responsables de l’environnement et des medias du moment.

L’intérêt de la méthode de travail du collège venait de l’intervention des architectes à l’origine dans le choix du site et dès la constitution du dossier de la DUP (déclaration d’utilité publique), dossier considérable, donnant toutes les garanties de faisabilité et de réussite esthétique.

Les architectes intervenaient également auprès de la population et publiaient pour chaque site un dossier d’impact à distribuer aux habitants de la région concernée.

La population a toujours été informée au fur et à mesure des études ; des réunions se tenaient régulièrement en mairie. La communication s’il le fallait durait plusieurs mois en empiétant même dans le temps de la construction. Sur chaque site un petit bâtiment était chargé de montrer des maquettes très explicites et des photo-montages authentiques réglés par visée informatique.

Nous nous trouvons avec les Eoliennes devant la nécessité absolue d’une stratégie de communication aussi ouverte que pour les centrales et devant la même responsabilité esthétique. On ne peut laisser la décision d’implanter de tels engins à la seule discrétion d’un maire, d’un préfet ou d’un Président de Région, sans exercer le moindre contrôle esthétique sur l’impact des éoliennes sur le paysage, contrôle exercé par des hommes possédant les capacités de sensibilité pour ce faire au mieux de l’intérêt de la population.

Je propose donc de créer sur le plan régional une équipe très légère composée d’un architecte indépendant, d’un paysagiste et d’un artiste qui analyserait le site dès qu’un projet d’installation serait envisagé.

Un rien suffit souvent aux hommes de l’art pour éviter une catastrophe, un déplacement de quelques mètres (suivant ce qu’on appelle la théorie du « défilement » ou des « masques paysagers ») peut sauver un site à la condition de travailler en amont avant de délivrer toute autorisation.

Au plan national, un collège de cinq personnes vérifierait le travail des équipes régionales et interviendrait en cas de conflit comme une autorité supérieure dont la décision serait incontestable.

Voilà comment sauvegarder les paysages français réputés pour leur diversité et leur extrême sensibilité.

Voilà comment quelques hommes compétents, attentifs, regroupés en une équipe travaillant vite, peut garantir sans entraîner de lourdes dépenses la qualité de notre patrimoine paysager qui, sans contrôle, pourrait être livré au saccage.