LES ÉOLIENNES

S O M M A I R E

  1. Historique et inventaire
    Jean François COLLIGNON
    Appendice : Principaux textes législatifs et réglementaires
  2. Les Energies et les ressources renouvelables
    Michel HUG
  3. Les Eoliennes – Avantages
    André ANTOLINI
  4. Les Eoliennes – Inconvénients
    Alain BRUGUIER
  5. Eoliennes et Paysage
    Claude PARENT
  6. Les Eoliennes, belles comme Crésus
    Marcel BOITEUX
  7. L’Energie du vent
    Yann ARTHUS-BERTRAND
  8. Les Eoliennes et la santé publique
    Pr. Claude-Henri CHOUARD
  9. Les Eoliennes et le patrimoine
    Christian PATTYN
    Appendice : Liste des associations signataires
  10. Les Eoliennes et les Finances Publiques
    Henri PRÉVOT
  11. Frénésie éolienne, le chant des sirènes
    Didier WIRTH
  12. Conclusion de l’Académie des Beaux-Arts
  13. En guise d'appendice... quelques suggestions pour demain, inspirées par hier
    Claude PARENT

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1 – Historique et inventaire
par
Jean-François COLLIGNON
Ingénieur de la Société Eiffel,
Correspondant de l’Institut


1. HISTORIQUE ET INVENTAIRE FIN 2005

1.1 Les pionniers de l’énergie éolienne destinée à la production d’électricité

Charles F. Brush (1849-1929) - USA

Charles F. Brush est l’un des fondateurs de l’industrie électrique américaine.
Il inventa, entre autres, une dynamo à courant continu très efficace employée dans le réseau électrique public, la première lampe à arc commerciale, et une méthode efficace de fabrication de batteries à plomb-acide.
Son entreprise, Brush Electric Company à Cleveland, Ohio, fut vendue en 1889 pour fusionner ensuite en 1891 avec Edison Electric Company sous le nom de General Electric Company (GE).
Durant l’hiver de 1887-88, Brush construisit ce qui est aujourd’hui considéré comme la première éolienne à fonctionnement automatique destinée à la production d’électricité.
Cette éolienne d’une puissance de 12 kW à ossature bois avait un diamètre de rotor de 17 m et 144 pales fabriquées en bois de cèdre.


Poul La Cour (1846-1908) - DK

Le Danois Poul La Cour est considéré comme le père de toutes les éoliennes modernes destinées à la production d'électricité.
Il découvrit que les éoliennes à rotation rapide, comprenant un nombre limité de pales, étaient bien plus efficaces pour la production d'électricité que celles à rotation lente composées de nombreuses pales. Météorologue de formation, il construisit en 1891 la première éolienne destinée à la production d'électricité. Il fut l'un des pionniers de l'aérodynamisme et disposait de son propre tunnel aérodynamique. Poul La Cour a longtemps travaillé dans le domaine de l'accumulation de l'énergie et utilisait le courant produit par ses éoliennes pour produire, par électrolyse, de l'hydrogène destiné à l'éclairage au gaz de son école. En 1904, Poul La Cour a fondé la toute première société des ingénieurs en électricité éolienne du monde, qui a compté jusqu’à 356 membres. En 1918, pas moins de 120 usines électriques possédaient au Danemark une éolienne dont la puissance moyenne était alors de 20 à 35 kW. La puissance globale installée de 3 MW couvrait alors environ 3% de la consommation danoise.
Ce fut également Poul la Cour qui publia la première revue du monde consacrée à l'électricité éolienne.

Georges Darrieus - F

Ingénieur en aéronautique, il fut l’inventeur de l’éolienne à axe vertical et en breveta la conception en 1927.
La compagnie américaine FloWind fabriqua l'éolienne jusqu'à sa faillite en 1997. L'éolienne de Darrieus est caractérisée par ses pales de rotor en forme de C qui la font ressembler un peu à un fouet à œufs. Elle est normalement construite avec deux ou trois pales.

Johannes Juul - DK

Johannes Juul, ingénieur électricien et ancien élève de La Cour, fut le premier à mettre au point une éolienne moderne capable de produire du courant alternatif. En 1956-1957, il conçut et construisit la plus grande éolienne du monde, la "turbine de Gedser " de 200 kW qui fonctionna pendant onze ans et devint le modèle de référence pour le développement futur de tous les autres aérogénérateurs (éoliennes équipées d'un générateur électrique).
Elle fut remise en marche trois ans durant à partir de 1977 à la demande de la NASA, dans le cadre de ses projets dans le domaine des grandes turbines électriques.

1.2 Les principales étapes

Années 1930
• Des milliers de petites éoliennes sont construites dans les régions rurales des grandes plaines américaines. D’une capacité d’un à trois kilowatts, ces turbines sont installées afin d’éclairer les fermes et de recharger les batteries des radios à cristal. Les éoliennes sont par la suite utilisées pour alimenter des appareils électroménagers et de l’équipement de ferme.
Les fermes canadiennes utilisent les éoliennes pour produire de l’électricité et pour pomper l’eau des puits destinée aux auges pour le bétail.

Années 1940
• Avec la chute de prix du carburant fossile après la Seconde Guerre mondiale et l’électrification des régions rurales, les petites éoliennes soulèvent de moins en moins d’intérêt aux États-Unis et au Canada.

Années 1960
• Des inventeurs comme Ulrich Hutter en Allemagne mettent au point des plans élaborés de turbines à axe horizontal. Ces turbines sont dotées de pales en fibre de verre et possèdent un angle d’attaque ajustable afin d’en augmenter l’efficacité.

1971
• Le premier parc d’éoliennes en mer débute ses activités au large du Danemark. Ce parc a une capacité de cinq mégawatts.

1973
• La crise pétrolière de 1973 ravive l’intérêt pour de grandes éoliennes et incite les gouvernements de l’Allemagne, de la Suède, du Canada, du Royaume-Uni et des États-Unis à financer des projets de recherche sur l’énergie renouvelable. Ces programmes sont à l’origine de la conception et de la mise en œuvre de nouveaux designs d’éoliennes qui réduisent de façon significative le coût de l’énergie éolienne au cours des deux décennies suivantes. Des parcs d’éoliennes sont construits durant les années 1970 aux États-Unis et en Europe.

Années 1980
• Le marché des éoliennes commerciales se transforme. Les petites machines de un à 25 kilowatts utilisées principalement pour l’agriculture font place à des parcs d’éoliennes capables de produire plus de 50 kilowatts et reliés au réseau électrique.
En Californie, une série de mesures réglementaires et la présence de vent dans les montagnes favorisent l’installation de 17000 éoliennes entre 1981 et 1990. Ces éoliennes peuvent produire entre 20 et 350 kilowatts.
L’augmentation des coûts de l’électricité et l’abondance de vent favorisent la construction d’éoliennes en Europe.

Années 1990
• Les préoccupations croissantes de la population à propos d’enjeux environnementaux comme la pollution de l’air et les changements climatiques incitent les gouvernements du Canada et d’ailleurs à s’intéresser à l’utilisation d’énergie renouvelable pour réduire les gaz à effet de serre et les autres émissions polluantes.

1994
• Le parc éolien Cowley Ridge près de Pincher Creek en Alberta est complété, devenant ainsi le premier parc éolien commercial au Canada.

2001
• La capacité de production d’énergie éolienne augmente de 37 pour cent pour passer à environ 24800 mégawatts.
L’Inde augmente sa capacité de production d’énergie éolienne de 300 mégawatts pour s’établir à 1500 mégawatts.
Grâce en partie à des crédits d’impôt, les États-Unis augmentent de
1700 mégawatts leur capacité de production d’énergie éolienne. Des éoliennes sont construites partout dans le pays et des projets majeurs voient le jour au Texas, au Kansas et en Oregon.
L’industrie éolienne mondiale représente un chiffre d’affaires d’environ 7 milliards de dollars.

2002
• À la fin de 2002, la capacité de production d’énergie éolienne des États-Unis – plus de 4600 mégawatts – est concentrée dans deux États : la Californie et le Texas.

2003
• À la fin de 2003, les États-Unis (avec plus de 6300 mégawatts) et l’Europe sont au premier rang en ce qui concerne le développement et l’exploitation de l’énergie éolienne. Avec plus de 28000 mégawatts, l’Europe détient maintenant 70% de la capacité éolienne mondiale. Cette performance est due en partie à des lois visant à encourager sa croissance en Allemagne, au Danemark et en Espagne.


L’Allemagne occupe le premier rang au chapitre de l’énergie éolienne avec une capacité de plus de 14000 mégawatts. L’industrie éolienne de ce pays emploie 35000 personnes et fournit 3,5% de l’électricité.
C’est au Danemark que l’on retrouve la plus grande proportion d’électricité générée par le vent (plus de 20%). Les manufacturiers danois détiennent près de 40% du marché mondial des éoliennes.

Fin 2005
• La capacité mondiale d’énergie éolienne dépasse les 59000 mégawatts : son rythme de développement annuel est supérieur à 20% depuis deux ans.
Les premières éoliennes de 5 MW sont installées en Ecosse (2 en off-shore), en Allemagne (1 unité). La construction de deux aérogénérateurs de 5 MW va commencer en France sur le site du Carnet 44.

2. SITUATION DANS LE MONDE

Capacité installée en MW : voir tableau joint (p.10)

L’augmentation de la production électrique éolienne pour l’année 2005 dans le monde a été de 11769 MW à comparer au chiffre 2005 de 8207 MW, ce qui révèle une progression de 43,4%.
La puissance totale installée atteint 59322 MW soit une augmentation de 25%.

48 pays ont d’ores et déjà mis en place des lois et des règlements afin de permettre le développement des énergies renouvelables.
Les pays possédant les plus fortes capacités de production sont l’Allemagne, l’Espagne, les USA, l’Inde et le Danemark. L’Inde s’est emparée en 2005 de la 4ème place au détriment du Danemark.
En terme d’augmentation des installations, les Etats-Unis occupent la première place au détriment de l’Allemagne, suivie de l’Espagne, l’Inde, le Portugal et la Chine.

L’Europe à elle seule présente une capacité de 40500 MW soit 70% du total mondial. Elle a déjà atteint en 2005 l’objectif de 40000 MW défini par la Commission Européenne pour 2010. Le Portugal et la France doivent néanmoins continuer de développer leur capacité afin de respecter les limitations de rejet de gaz à effet de serre définies par le Protocole de Kyoto. En 2010, la seule énergie éolienne permettra d’atteindre 1/3 de l’économie à atteindre par l’Europe en matière de rejets.

L’apport de l’énergie éolienne ne se limite pas à la simple production d’énergie électrique. Il y a lieu de prendre en compte également le développement économique qu’elle permet, la sécurité de la production, la création d’emplois, la réduction immédiate des rejets de gaz à effet de serre.


2.1 SITUATION DE LA FRANCE

Si la consommation énergétique de la France a pratiquement stagné en 2005, sa facture s'est encore alourdie de 34,7% (après 24,1% en 2004) en raison de la forte hausse du prix des énergies fossiles.
Les données de consommation d’énergie en France de l’année dernière confirment que l'économie française est entrée dans une ère de l'énergie chère. «A 38,26 milliards d'euros, la facture dépasse le niveau du premier choc pétrolier de 1973 » a noté Bercy dans la présentation des chiffres par le ministre délégué à l'Industrie, François Loos, début avril 2006.

La consommation totale d'énergie primaire s'élève à 276,5 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), en croissance de seulement +0,3% (contre +1,0% en 2004), donc en net retrait par rapport au PIB (+1,4%). Le « bouquet » énergétique primaire de la France comprend 41% d'électricité nucléaire, un tiers de pétrole, 15% de gaz, 5% de charbon, 5% d'énergies renouvelables thermiques et de déchets (bois, biocarburants, ordures ménagères...), 2% d'hydraulique et d'éolien.

La loi d’Orientation sur l’Energie du 13 juillet 2005 définit un objectif de production intérieure d’électricité d’origine renouvelable de 21% de la consommation intérieure d’électricité en 2010, ce qui correspond à une puissance installée de 10000 à 12000 MW. Le chiffre de la production fin 2005 étant de 757 MW, l’objectif est donc de construire environ 5000 éoliennes de capacité moyenne de 2 MW avant 2010 !



Appendice : Liste des textes législatifs et documents sur l’éolien


Les textes législatifs et réglementaires concernant l’énergie éolienne sont tous accessibles sur le site : www.legifrance.gouv.fr

- Loi du 10 février 2000, relative au service public de l’électricité.

- Décret du 6 décembre 2000, obligation de rachat par EDF.

- Arrêté du 8 juin 2001, conditions d’achat.

- Loi du 2 juillet 2003, Urbanisme et Habitat (enquête publique et étude d’impact).

- Loi du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique.

Et les articles de Code, cités ci-dessus, où sont incorporés les articles de loi :

- Code de l’urbanisme L421-1-1 relatif au permis de construire.

- Code de l’environnement L553-2 relatif aux enquêtes publiques et études d’impact.

- Code de l’environnement L553-3 relatif au démantèlement des installations en fin de vie.

- Code de la santé publique R1336-8 et 9 relatifs aux bruits de voisinage.


Et :


- La « Convention Européenne des Paysages », signée par la France à Florence le 20 octobre 2000, et dont l’approbation par la France a été autorisée par la loi du 13 octobre 2005. Le texte de cette convention est sur le site internet du Conseil de l’Europe http://www.coe.int

- La « Convention d’Aarhus », Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus de décision et l’accès à la justice en matière d’environnement, datée du 25 juin 1998, adopté par la France dans un décret du 21/09/2002, paru au JO.

- La « Charte de l’Environnement », datée du 1er juin 2005, ratifiée par le Congrès le 28 février 2005, et paru au JO, accessible sur le site du Ministère www.ecologie.gouv.fr

Guides et Rapports officiels :

- « Rapport du Conseil Général des Mines sur la sécurité des installations éoliennes » de Juillet 2004 accessible sur le site du Ministère de l’industrie :
http://www.industrie.gouv.fr/energie/sommaire.htm

- Guide des études d’impact par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable (MEDD) et l’ADEME, sur www.ecologie.gouv.fr

- « Les éoliennes en Charente maritime », outil d’aide à l’instruction des projets d’éoliennes sur www.charente-maritime.equipement.gouv.fr

- Rapport de l’Académie de Médecine (Doc : Académie de Médecine éoliennes…).