LES ÉOLIENNES
S O M M A I R E
- Historique et inventaire
Jean François COLLIGNON
Appendice : Principaux textes législatifs et réglementaires
- Les Energies et les ressources renouvelables
Michel
HUG
- Les Eoliennes – Avantages
André ANTOLINI
- Les Eoliennes – Inconvénients
Alain BRUGUIER
- Eoliennes et Paysage
Claude PARENT
- Les Eoliennes, belles comme Crésus
Marcel BOITEUX
- L’Energie du vent
Yann ARTHUS-BERTRAND
- Les Eoliennes et la santé publique
Pr. Claude-Henri CHOUARD
- Les Eoliennes et le patrimoine
Christian PATTYN
Appendice : Liste des associations signataires
- Les Eoliennes et les Finances Publiques
Henri PRÉVOT
- Frénésie éolienne, le chant des
sirènes
Didier WIRTH
- Conclusion de l’Académie des Beaux-Arts
- En guise d'appendice... quelques suggestions pour demain, inspirées par hier
Claude PARENT
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3 – Les Eoliennes - Avantages
par
André ANTOLINI
Président du Syndicat des Energies Renouvelables
Vice-président de World Wind Energy Association (W.W.E.A)
Contexte du développement de l’énergie éolienne
La France s’est fixé, devant la Commission européenne,
l’objectif de produire d’ici 2010 21% d’électricité
d’origine renouvelable dans sa consommation (cette part est actuellement
d’environ 13%). Elle a réaffirmé cet engagement dans
la loi de programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique
énergétique. Cet objectif ne peut être atteint qu’avec
un parc de 10000 à 15000 mégawatts éoliens (produisant
environ 35 térawattheures par an), le reste (10 à 15 térawattheures)
provenant de la biomasse, de l’hydraulique, du photovoltaïque
et de la géothermie. L’éolien occupera donc une place
importante dans le mix énergétique dès demain.
Aujourd’hui, le parc éolien français compte un peu
plus de 1000 éoliennes réparties principalement dans les
zones les plus ventées, c'est-à-dire à proximité
des côtes et dans la vallée du Rhône. A l’horizon
2010, ce sont environ 300 à 400 nouveaux parcs éoliens qui
devraient être installés. L’évolution de la
législation et des systèmes de soutien favorisera une répartition
harmonieuse des parcs sur l’ensemble du territoire.
Les différents sondages d’opinion récemment réalisés
montrent que les éoliennes installées en milieu rural sont
plutôt bien acceptées par les Français qui à
84% soutiennent l’énergie éolienne (Sondage ADEME
réalisé par Louis Harris en 2004).
Rappelons, par ailleurs, que nous dénombrons aujourd’hui
en France près de 50000 châteaux d’eau et 150000 pylônes
électriques à haute tension.
L’objet « éolienne »
Les éoliennes sont des objets de grande dimension qui constituent,
par leur seule échelle (100 mètres de haut et 90 mètres
de diamètre) un monument qu’il ne s’agit pas de masquer.
Contrairement aux châteaux d’eau, cheminées, pylônes
et autres antennes, objets qui ont souvent été étudiés,
voire pour certains patrimonialisés, les éoliennes continuent
de représenter des objets qui étonnent.
La recherche d’une intégration des parcs éoliens dans
le paysage est donc un exercice nouveau et spécifique : «
Implanter un parc éolien, c'est aménager un paysage, et
non le conserver » (Paul Neau, ingénieur, responsable du
bureau d’études de l’environnement ABIES). La question
n’est donc pas « comment implanter des éoliennes sans
qu’elles se voient », mais « comment implanter des éoliennes
en produisant de beaux paysages ? »
Un projet de paysage
Dans le cadre de l’implantation d’un parc éolien, une
étude paysagère est réalisée par un paysagiste
chargé de dessiner un projet énergétique en fonction
des caractéristiques du lieu étudié et des attentes
des acteurs concernés. Le projet de paysage permet donc de trouver
des éléments pour aider l’acceptation sociale de l’aménagement.
Ceci est vrai pour n’importe quel projet d’aménagement
du territoire.
Ainsi, le volet paysager, partie majeure de l’étude d’impact
qui sera consultée par le public lors de l’enquête
publique, est extrêmement soigné et travaillé par
les paysagistes et les bureaux d’études. Les développeurs
éoliens associent ces spécialistes à leurs projets
le plus en amont possible.
L’ensemble des exigences fixées dans le code de l’urbanisme
en termes de protection des monuments historiques et des sites protégés
est étudié de manière très approfondie lors
de ces études paysagères et scrupuleusement respecté.
Les demandes de permis de construire sont, bien entendu, soumises, lorsqu’il
est requis, à l’avis des Architectes des Bâtiments
de France.
Perception visuelle de l’objet « éolienne »
L’observation d’une éolienne ou d’un groupe d’éoliennes
dépend de plusieurs facteurs. En fonction de la météo,
de la position par rapport au soleil, d'éventuelles brumes, du
relief, cette perception peut être très différente
sur un même site dans une même journée.
Dès lors, l’intervention paysagère dans un projet
éolien porte plus sur l’agencement des éoliennes que
sur l’objet « éolienne » en tant que tel. «
Les alignements ou les courbes formées par les installations éoliennes
vont participer à l'organisation du paysage. Ils soulignent les
crêtes, forment des axes ou des points d'appels, participent à
la lecture d'un nouveau paysage. » (Paul Neau)
Pour des paysages très ouverts, de vastes plaines faiblement boisées
par exemple, on va pouvoir obtenir par des alignements une ponctuation
intéressante. De façon plus générale, le mouvement
lent des éoliennes limite à l'usage leur caractère
visuellement intrusif.
En certaines circonstances, on peut jouer avec la topographie pour dissimuler
les installations depuis un lieu précis. Par exemple dans l'Aude,
le parc de Roquetaillade ne se voit pas depuis le centre historique d'Alet-les-Bains.
Dans d'autres cas, on va positionner les aérogénérateurs
dans les lignes de fuite du paysage. Les lignes des jardins et des parcs
peuvent, par exemple, fournir de précieuses pistes de lisibilité
des parcs éoliens.
Ainsi, c’est donc bien le « design » du parc éolien
(nombre, positionnement, taille des éoliennes) qui est déterminant.
Mise en valeur des territoires
La perception du territoire par les populations est nécessairement
variée car elle est dépendante de notre histoire et de notre
héritage culturel et esthétique. Mais cette perception n’est
pas non plus figée dans le temps car les valeurs attachées
à un paysage évoluent comme le système de représentation
du monde de nos sociétés.
L’évolution de la société et le développement
des activités humaines, économiques et industrielles, ont
toujours conduit à la modification de l’environnement : le
réseau routier, ferré, électrique, l’urbanisation
ont ainsi modifié et continuent de modifier les territoires qui
nous entourent. Le paysage évolue.
A cet égard, il convient de rappeler que la loi impose aux constructeurs
de parcs éoliens de déposer une caution bancaire pour garantir
le démontage des installations, caution dont le montant est fixé
par le préfet dans le cadre de l’instruction de la demande
de permis de construire.
Aujourd’hui, de très nombreux exemples montrent que les parcs
éoliens peuvent s’inscrire de façon très satisfaisante
dans les paysages. En témoigne l’affluence des visiteurs
enthousiastes, observée aussi bien lors de la construction qu’à
chaque inauguration de ces ouvrages d’art.
Dans certaines collectivités, notamment à l’échelle
intercommunale, on observe un souci de mise en valeur des territoires
qui ne ferme pas la porte à l’éolien, et qui cherche
au contraire à mettre en scène les aérogénérateurs
pour faciliter leur appropriation.
A ce titre, les Zones de Développement de l’Eolien (ZDE)
introduites par la loi de programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations
de politique énergétique, arrêtées par le préfet
sur proposition des communes ou d’intercommunalités, vont
permettre de renforcer la concertation et l’adhésion au niveau
local. Les collectivités locales vont ainsi pouvoir davantage prendre
part aux projets de parcs éoliens tout en prenant compte les considérations
paysagères.
Des outils dessinent ainsi la possible voie d’un aménagement
territorial du paysage où les éoliennes ont leur place :
atlas éoliens, chartes départementales, protection des vues
depuis les monuments historiques, schémas éoliens locaux,
qui prennent valeur juridique via leur inscription dans les documents
d’urbanisme (PLU, SCOT, etc), et aujourd’hui ZDE.
Enfin, pour les riverains, l'acceptation de l'éolienne est d'autant
plus grande que son utilité est comprise. Cela suppose une concertation,
qui est également le moment de sentir le paysage perçu par
ses habitants, au-delà donc du paysage réglementaire.
Paysage versus environnement
Le premier message que nous recevons d’une éolienne est d’ordre
visuel. Pourtant, derrière ces grands moulins modernes animés,
il y a plus car ces objets sont des machines qui servent à produire
de l’électricité, et notamment de l’électricité
propre à partir d’une source inépuisable, le vent
:
« Elles exposent ainsi très explicitement le motif et le
moteur de leur présence. La lente animation de leurs ailes est
le message immédiat, naturel de leur fonction (et de leur fonctionnement).
En cela, les éoliennes sont des immenses indices exprimant leur
utilité dans le seul fait d’être et de tourner. […]
Aux fumées noires des cheminées d’usines (images d’un
siècle révolu), elles opposent désormais la blancheur
effilée de leurs mats […]. A la problématique paysagère
s’adjoint ce que l’on pourrait appeler la problématique
environnementale. » (Cyrille Simonnet, Professeur d’architecture)
Nous observons d’ailleurs que les grands industriels qui veulent
illustrer leur engagement dans ce domaine utilisent très souvent
l’image d’une éolienne.
En d’autres termes, les éoliennes ne défigurent pas
le paysage, elles figurent le développement durable… Voilà
ce qui les rend acceptables, acceptées … et belles.
Les qualités esthétiques d’une éolienne sont
aujourd’hui presque unanimement reconnues, notamment par les enfants
qui expriment leur fascination pour ces nouveaux moulins.
Quelle image plus emblématique que celle d’une éolienne
peut-on offrir au paysage pour témoigner de l’engagement
d’une génération à ne pas compromettre l’avenir
de celles qui la suivent ?
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