LES ÉOLIENNES S O M M A I R E
|
4. Les Eoliennes - Inconvénients Éolien industriel Vent de colère !, fédération
nationale regroupant 312 associations affiliées (22000 adhérents)
a recueilli d’un bout à l’autre de notre pays d’innombrables
témoignages et une expérience de terrain (discussions, rencontres,
réunions) qui lui font redouter l’aggravation d’un
désordre social, conséquence d’un mécontentement
grandissant et d’une désespérance de nombreux ruraux,
en particulier face à leurs élus. Ces appréhensions
supplémentaires particulièrement anxiogènes provoquent
une légitime amertume, menacent l’harmonie rurale de la France
profonde et les équilibres républicains.
Une éolienne industrielle, c’est une machine
de 150 mètres de haut, pesant 300 tonnes, auxquelles s’ajoute
un socle de plus de 1000 tonnes de béton. Plus de 1000 de ces machines
sont déjà implantées en France (ou en passe de l’être),
principalement en Languedoc-Roussillon, mais aussi en Bretagne, Normandie,
Nord-Pas de Calais, Corse (Cap Corse), Lorraine, Rhône-Alpes, Poitou-Charentes,
Centre, Pays de Loire, Picardie, Bourgogne, Midi-Pyrénées,
Auvergne, Champagne-Ardenne etc. L’impact paysager, contrairement aux affirmations
des promoteurs, est une notion objective et quantifiable. Sa « quantifiabilité
» s’appuie d’une part sur « la surface de covisibilité
», d’autre part sur « l’impact visuel qui est
l’intégrale de la surface apparente de l’éolienne
sur la surface de covisibilité ». Ainsi en moyenne, l’impact
visuel double lorsque la hauteur de l’éolienne augmente de
10 mètres. L’impact visuel d’une éolienne de
150 m est 300 fois supérieur à celui d’une éolienne
de 50 m (cf Rapport du Conseil Général des Ponts et Chaussées,
Daniel Burette, 15 décembre 2004).
Ce n’est pas parce qu’en France un maximum d’éoliennes seraient installées que nous consommerions plus d’électricité d’origine renouvelable. EDF peut revendre les Certificats Verts obtenus par les exploitants à d’autres pays qui « paient » mieux l’électricité « verte ». Les exploitants peuvent aussi, directement, exporter leurs Certificats Verts ou droits à polluer. L’enjeu majeur pour l’éolien industriel est d’élaborer des prévisions fiables sur des échelles de temps suffisantes. C’est en effet la veille pour le lendemain que se prennent l’essentiel des décisions dans la gestion d’un système électrique : démarrage des groupes de production pour couvrir la demande du lendemain, vérification du respect des règles de sécurité du réseau, constitution des réserves pour faire face aux incertitudes de la prévision de consommation et aux aléas. La qualité de la prévision de production éolienne a donc un impact direct sur le dimensionnement de ces réserves, principalement constituées par des centrales thermiques fonctionnant à puissance réduite, et donc sur l’intérêt écologique et économique de cette ressource. Aucun moyen de production n’étant aussi
variable et aussi imprédictible que l’éolien industriel,
son développement dans ces conditions (à partir d’une
puissance installée significative) va conduire à une très
nette augmentation des groupes de production thermique à flamme
(THF), que l’on devra maintenir en réserve pour faire face
à des variations de production ou de consommation. Éolien industriel et intérêt général : La France est déjà, et de loin, le pays
d’Europe dont la production d’électricité provoque
le moins de rejet de GES. Le décret Pierret/Cochet du 8 juin 2001
engendre une rémunération excessive (entre trois et dix
fois le prix du marché), des livraisons d’électricité
d’origine éolienne par EDF, de l’ordre de 83,8 €
le MWh. Cette situation artificielle sans réelle justification
économique est lourde d’effets pervers. La taxe professionnelle attendue par les municipalités
ne crée aucune richesse puisqu’elle n’apporte aucune
valeur ajoutée. La commune qui percevra une TP plafonnée
par l’administration fiscale risque de perdre une partie de sa dotation
globale de fonctionnement (DGF) et d’équipement (DGE), ainsi
qu’une partie des fonds nationaux et départementaux de péréquation.
Selon le Protocole de Kyoto, l’Union Européenne
doit réduire entre 2008 et 2012 ses émissions de GES de
8% par rapport à 1990. Les situations nationales étant très
différentes, cette mutualisation leur donne des marges de manœuvre
importantes. Alors que les thuriféraires de cette filière (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, les Verts, certains médias) font constamment référence, à propos de la directive européenne, à un objectif qui serait pour la France de produire 21% de son électricité à partir d’énergies renouvelables à l’horizon 2010, il s’agit en réalité d’un objectif indicatif national de consommation d’électricité, produite à partir de sources d’énergie renouvelable. Dans l’hypothèse où il n’y
a pas substitution partielle de l’éolien au nucléaire,
mais addition, il faut souligner que, comme notre pays est déjà
exportateur brut d’énergie en Europe, l’électricité
d’origine éolienne que certains souhaitent produire en France
serait exportée vers nos voisins qui la paierait un prix inférieur
à celui auquel EDF l’aurait réglée aux promoteurs
des sites de production. Veut-on ainsi subventionner nos voisins ou leur
éviter de construire de telles machines ? La gratuité du « carburant » n’en fait pas pour autant une filière bon marché. Outre la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE), dont on se dédouane sur le dos des consommateurs, principalement domestiques, le réseau supportera des charges non prises en compte, comme par exemple la reconstitution de réserves tertiaires : pour 1 000 kW d’éolien, il faut 800 kW de puissance d’équilibrage ou capacité palliative. Conclusions : Le législateur recherche des solutions alternatives
; en particulier, et puisque la campagne ne veut pas se voir défigurée
par des forêts d’éoliennes, afin de réduire
la prolifération des projets et des problèmes, la loi du
13 juillet 2005 prévoit de regrouper les éoliennes dans
des Zones de Développement de l’Eolien (ZDE) de plusieurs
dizaines de machines ! En France, l’abrogation du décret Pierret / Cochet est une mesure de salubrité publique à obtenir de toute urgence. |