8 – Les éoliennes et la santé publique
par
le Professeur Claude-Henri CHOUARD
Membre de l’Académie nationale de Médecine
Ancien Chef du Service ORL
de l’Hôpital Saint-Antoine
Professeur Emérite des Universités
Le groupe de travail de l’Académie Nationale de Médecine
- composé par MM. Louis Auquier, Jean-Paul Bonhoure, Jean Cauchoix,
Yves Chapuis, François Legent, Henri Lôo, Pierre Pène,
Patrice Tran Bab Huy - présidé par Claude-Henri Chouard,
a étudié, parmi les réticences suscitées par
l’installation des éoliennes, celles qui intéressent
la santé de l’homme.
Il estime :
- que la production d’infrasons par les éoliennes est, à
leur voisinage immédiat, bien analysée et très modérée
: elle est sans danger pour l’homme ;
- qu’il n’y a pas de risques avérés de stimulation
visuelle stroboscopique par la rotation des pales des éoliennes
;
- que les risques traumatiques liés à l’installation,
au fonctionnement et au démontage de ces engins sont prévus
et prévenus par la réglementation en vigueur pour les sites
industriels, qui s’applique à cette phase de l’installation
et de la démolition des sites éoliens devenus obsolètes.
Il constate :
- que les vrais risques du fonctionnement des éoliennes sont liés
à l’éventualité d’un traumatisme sonore
chronique, dont les paramètres physiopathologiques de survenue
sont bien connus, et dont l’impact dépend directement de
la distance séparant l’éolienne des lieux de vie,
ou de travail, des populations riveraines.
Il observe :
- que la réglementation actuelle, relative à l’impact
sur la santé du bruit induit par ces engins ne tient pas compte
:
- de leur nature industrielle ;
- de la grande irrégularité des signaux sonores émis
par ces machines ;
- des progrès techniques dans la simulation et l’enregistrement
au long cours des impacts sonores.
- que ni les installateurs d’éoliennes, ni les pouvoirs publics,
ni les associations n’ont établi de statistique indiquant,
pour chaque éolienne (ou parc d’éoliennes), privée
ou publique, la distance séparant chaque engin de l’habitation
la plus proche.
Recommandations du groupe de travail
Pour faire la preuve de l’éventuelle nocivité du
bruit éolien pour l’homme, l’Académie estime
indispensable que soient entreprises deux types d’études
comportant :
- la mise au point d’une procédure réalisant l’enregistrement,
sur une période longue de plusieurs semaines, du bruit induit par
les éoliennes dans les habitations, puis son analyse à différentes
échelles temporelles, afin d’appliquer cette expertise aux
populations intéressées.
- une enquête épidémiologique sur les conséquences
sanitaires éventuelles de ce bruit éolien sur les populations,
qui seront corrélées avec la distance d’implantation
de ces engins, et les résultats des mesures proposées ci-dessus.
En attendant les résultats de ces études, l’Académie
recommande aux pouvoirs publics que dès maintenant :
- à titre conservatoire soit suspendue la construction des éoliennes
d’une puissance supérieure à 2,5 MW situées
à moins de 1500 mètres des habitations.
- l’article 98 de la loi du 2 juillet 2003 soit modifié comme
il se doit, pour que les éoliennes, dès qu’elles dépassent
une certaine puissance, soient considérées comme des installations
industrielles et que leur implantation soit désormais soumise à
une réglementation spécifique tenant compte des nuisances
sonores très particulières qu’elles induisent. |