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PRIX FRANCOIS-VICTOR
NOURY - ACADEMIE DES BEAUX-ARTS" 2006
La section « Créations artistiques
dans le cinéma et l’audiovisuel » de l’Académie
des Beaux-Arts vient d’attribuer le Prix François-Victor
Noury 2006 à Alain CAVALIER pour l’ensemble
de son œuvre.
Alain Cavalier se fait connaître du public
par ses deux premiers longs métrages, films politiques
mettant en scène la guerre d’Algérie de
manière à peine voilée : Le Combat
dans l'île en 1962 et L'Insoumis en 1964,
mais c’est avec des œuvres moins polémiques,
Mise à sac en 1967 et La Chamade en 1968 qu’il
rencontre le succès auprès du grand public. Alain
Cavalier décide à ce moment de renoncer à
la réalisation pendant huit ans et lorsqu’il y
revient, c’est avec des œuvres plus épurées
et expérimentales comme Le Plein de super en
1976 ou Martin et Lea en 1978, qui met en scène
la vie d’un vrai couple marié.
Après deux films sortis dans la confidentialité
: Ce répondeur ne prend pas de messages en 1979,
œuvre à mi-chemin entre le journal intime et la
performance filmée et Un étrange voyage
en 1980 (prix Louis-Delluc en 1981), il connaît un immense
succès en 1986 avec un film exigeant et dérangeant
sur la vie de Saint Thérèse de Lisieux, Thérèse.
Ce film d’une intensité rare, où le réalisateur
congédie tout procédé biographique traditionnel
pour saisir au gré de « moments » la quintessence
de son personnage, est ovationné à Cannes où
il remporte le Prix du jury, puis plébiscité aux
César avec six récompenses dont celles du Meilleur
film et du Meilleur réalisateur.
Cavalier poursuit ensuite son travail d'épure
jusqu'à tourner un film sans dialogues : Libera me
en 1993 où il revient, au moyen d’une recherche
formelle inédite, sur les questions de ses premiers films,
l’oppression et la torture. Il décide peu après
d'abandonner la fiction et réalise des séries
documentaires avec Portraits, série de 24 portraits
de femmes réalisée pour la télévision,
puis Vies en 2000, quatre fragments de vie filmés. Interviewé
à cette occasion, il dit : "J'en suis arrivé
peu à peu à ne filmer qu'au plus près de
mon expérience." Tournant à partir de ce
moment absolument seul, il déclare ne plus être
un cinéaste, mais un « filmeur ».
En 2002, il mélange fiction et documentaire avec René
où l'on suit le régime d’un de ses amis
au jour le jour. En 2004, la sortie du Filmeur révèle
une longue méditation sur la vieillesse et la mort à
partir de son journal intime filmé sur plus de dix ans.
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