Biographie


Jean Lurçat dans son atelier, 1926.


Jean Lurçat naît en 1892 à Bruyères, dans les Vosges. Après des études en sciences naturelles, il décide d'abandonner la carrière médicale à laquelle son père le destine. En 1912, il part pour Paris. Il y fréquente l'École des beaux-arts, puis entre à l'Académie Colarossi, rue de la Grande-Chaumière, où il devient l'élève du graveur Bernard Naudin. L'année suivante, il fonde la revue "Les feuilles de mai", à laquelle collaborent Bourdelle, Elie Faure, Vildrac, Rilke, entre autres.
Il s'engage dans l'infanterie en 1914 mais bientôt malade, il effectue une longue convalescence chez ses parents où il peint sa première lithographie.

En 1917 il expose à la galerie Tanner, à Zurich. Sa mère exécute ses premières tapisseries au point de canevas.

L'année 1920 le voit voyager à Berlin, Munich et Rome, Naples, Palerme. Puis s'installe à Paris. Il expose à Zurich, Genève, à la Kunsthalle de Berne, au Salon des Indépendants à Paris. Marthe Hennebert exécute ses troisième et quatrième tapisseries au point de canevas Pêcheur et Piscine.

En 1921, il compose décors et costumes pour Celui qui reçoit des gifles d'Andreiv, pour la Compagnie Georges et Ludmilla Pitoëff, au Théâtre des Arts, à Paris. Il se à cette époque avec Pierre Chareau, Jean-Richard Bloch, Max Jacob, les peintres Bosshard et Louis Marcoussis.

En 1922, Jean Lurçat expose pour la première fois à Paris des gouaches, huiles et sa cinquième tapisserie, Le cirque.
De 1923 à 1927 il voyage dans les pays méditerranéens, qui l'inspireront longtemps, puis en 1928 aux Etats-Unis où il expose, ainsi qu'à Moscou.
En 1930 il expose cinquante peintures à Londres (Alex Reid and Lefevre Gallery)
En 1933 il compose les décors et costumes d'un ballet, Les fauxmonnayeurs, d'après André Gide puis l'année suivante ceux du ballet de la compagnie des American Ballets.
En 1936 est exécutée sa première tapisserie tissée à la Manufacture nationale des Gobelins, Les illusions d'Icare, offerte par l'Etat française à la reine de Hollande.

La découverte de L'Apocalypse d'Angers, la plus grande tapisserie du monde tissée au XVe siècle, par Nicolas Bataille va s'avérer capitale pour Lurçat.
En 1939 il supervise à Aubusson l'exécution de sa première oeuvre monumentale, Les quatre saisons.
De 1941 à 1942, il travaille en collaboration avec Raoul Dufy, à Collioure, puis s'installe dans le Lot où il participe à la lutte clandestine. Il exécute une tapisserie, Liberté, qui a pour thème le poème de Paul Eluard. La Bignou Gallery de New Yorkorganise une exposition "Dufy et Lurçat". En 1944 il est nommé membre du comité de libération du Lot ; il dirige l'hebdomadaire Liberté et Les Etoiles du Quercy.

En 1945, sous l'impulsion de Denise Majorel, est fondée l'Association des peintres cartonniers de tapisserie (APCT) dont Lurçat est nommé président. C'est le début des grandes expositions : "La tapisserie française du Moyen Age à nos jours", au musée national d'Art moderne est organisée à Paris en 1946 puis à Amsterdam, Bruxelles et Londres en 1947.

En 1954, il achève la très importante tapisserie Hommage aux morts de la Résistance et de la Déportation (4 x 12 m) destinée au Musée national d'Art moderne, à Paris.

En 1956-1957, une série d'expositions a lieu en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Jean Lurçat compose de grandes tapisseries: Les Indes, pour l'ambassade de France à New Delhi (2,4 x 4,5 m) et Jours heureux (5 x 5 m), Nuit heureuse (3,25 x 12 m) pour le Palais des Congrès de Liège. Il commence l'exécution d'une série de tentures qui devaient atteindre 500 mètres carrés, groupées sous le nom général de Chant du Monde.

En 1959, il est nommé Membre de l'Académie royale de Belgique et de l'Académie nationale des beaux-arts du Portugal.

En 1961 est créée à Lausanne la Fondation du Centre international de la tapisserie ancienne et moderne, dont il est élu président. Une de ses tapisseries, Etoiles de Paris, est offerte par le Président de la République à Sir Winston Churchill.

1964. Une exposition de tapisseries, dont Le Chant du Monde, céramiques et bijoux a lieu au musée des Arts décoratifs de Paris. Le 19 février, Jean Lurçat est élu membre de l'Académie des beaux-arts.

Il décède le 6 janvier 1966, à Saint-Paul-de-Vence.