Perpétuer l’esprit de création est sans doute la mission première de la section de Composition musicale de l’Académie des Beaux-Arts, dont les membres sont élus pour leur apport à leur discipline. Elle ne cesse, par ses recherches et ses œuvres, d’offrir des pistes pour un renouvellement de son art. Elle nous invite ici à considérer un siècle de « musiques contemporaines », avec ses parts de nouveautés, ses avancées, ses innovations, en particulier dans l’ordre technologique.

Dans cet ensemble, une figure s’impose, celle pourtant si discrète d’Henri Dutilleux, récemment disparu, dont l’œuvre a eu un rayonnement international. Pour des soucis qui l’honoraient, il n’avait pas souhaité rejoindre l’Académie. Mais, nommé à la Libération Chef du service des illustrations musicales de la Radiodiffusion française, il a contribué, par ses commandes aux compositeurs, à diffuser leurs musiques, alors que toute émission nouvelle réclamait un générique musical. Le Club d’Essai, sous l’autorité de Jean Tardieu, entreprit, avec son appui, de produire des émissions dramatiques originales fondées sur l’association d’un compositeur et d’un écrivain. Ainsi, d’André Jolivet et Paul Claudel pour Le Livre de Christophe Colomb, jamais représenté, de Pierre Capdevielle et Albert Camus, de Joseph Kosma et Jacques Prévert… Par son action, Henri Dutilleux affirmait un rôle fondamental de la Radiodiffusion : promouvoir les musiques contemporaines. Il avait donné l’exemple.


Voici le dernier éditorial de la Lettre écrit par Paul-Louis Mignon, correspondant de notre Académie, qui vient de nous quitter.
Au fil des années, il a accompagné le comité de rédaction de la Lettre, dont il était le délégué, nous éclairant de sa grande connaissance des arts vivants, et aiguisant notre réflexion de ses remarques pertinentes.
Il va nous manquer.

Arnaud d’Hauterives, Secrétaire perpétuel





Illustration : Kathinkas Gesang, de Karlheinz Stockhausen, pour flûte et bande. Création le 9 mai 1985 à l'Espace de projection de l'Ircam.

Photo Marion Kalter