né à Strasbourg
(Bas-Rhin)
le 22 mars 1923, décédé le 22 septembre à Cahors

Marcel MARCEAU

Section II : Membres Libres

Fauteuil I

Mime


honneur-pt.gif (752 octets) Officier  de la Légion d'Honneur
merite-pt.gif (794 octets) Grand Officier de l'Ordre National du Mérite
arts-et-lettres-pt.gif (797 octets) Commandeur  des
Arts et Lettres
palmes-pt.gif (737 octets) Chevalier
des Palmes Académiques

Élu membre de la section des Membres Libres,
le 27 février 1991, au fauteuil de Germain BAZIN


Epée et
symbolisme

Biographie

Témoin de la barbarie du XXe siècle – il doit fuir adolescent devant les persécutions nazies avant de voir déporter son père à Auschwitz d’où ce dernier ne reviendra pas – Marcel Mangel puis Marceau (pseudonyme qu’il adopte lorsqu’il rejoint la Résistance en 1942) avait choisi « d’être un témoin silencieux de son temps ». Cet artiste français célèbre dans le monde entier avait fait de ses yeux, de sa physionomie, de son corps, dont il usait comme d’un instrument de musique silencieux, la matière même de son art.

Après avoir fréquenté l’École des arts décoratifs de Limoges, qui lui laisse le goût du dessin et de la peinture qu’il pratique régulièrement, Marcel Marceau devient l’élève de Charles Dullin, de Jean-Louis Barrault et d’Étienne Decroux, qui établit la « grammaire » de l’art du mime qu’il appelait la « statuaire mobile ».

Son art du mime ou plutôt du « mimodrame » consiste à donner forme à ses pensées au travers des gestes. Le 22 mars 1947 sortira de l’ombre des coulisses un drôle de personnage, Pierrot lunaire, "hurluberlu blafard" à l’œil charbonneux et à la bouche déchirée d’un trait rouge, un drôle de haut-de-forme sur la tête, une fleur rouge tremblotante servant de panache à ce Don Quichotte dégingandé partant en croisade contre les moulins à vent de l’existence : BIP était né, aussi indissociable de Marcel Marceau que Charlot de Chaplin.

En 1947, il fonde sa propre compagnie (Compagnie Marcel Marceau) - la seule compagnie de mime existant dans le monde et inscrit au répertoire des mimodrames et des pantomimes (Le Manteau, d'après Gogol, Le Joueur de flûte, Exercices de style, Le Matador, Le petit cirque, Paris qui rit, Paris qui pleure).

En 1952, il engage dans sa compagnie Pierre Verry, élève avec lui d’Étienne Decroux, qui sera son partenaire attitré jusqu'en 1979. Le mime Marceau devient au fil des années l’un des artistes français les plus connus dans le monde, notamment grâce à ses tournées aux États-Unis où il crée une vraie révolution théâtrale dans les années 1950. Il poursuit son œuvre gestuelle à travers les plus grandes scènes du monde. En 1978 se réalise le souhait de toute sa vie, la création d’une école internationale de mimodrame destinée à transmettre la "grammaire" réinventée par Etienne Decroux et le fruit de ses cinquante années d’expérience.

Cette Ecole, subventionnée par la Ville de Paris, verra enfin le jour en 1978 et y seront enseignées toutes les disciplines voisines du mimodrame, selon le vœu de son créateur : "Il ne suffit pas d’utiliser une technique, de sortir d’une école pour devenir artiste. Il faut créer un esprit et une méthode dramatique qui fassent évoluer l’élève. […] Ils s’apercevront que l’édifice de leur technique, que la mécanique du tragi-comique, que les codifications d’un style et d’un esprit s’instruisent à l’école et se complètent par l’expérience de la vie et de leurs rapports avec le public". 

Discours prononcé par M. Marcel Landowski lors de la séance publique de réception de M. Marcel Marceau, le mercredi 27 octobre 1993.

Discours prononcé par M. Marcel Marceau en hommage à M. Germain Bazin lors de la séance publique du mercredi 27 octobre 1993.

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