
Epée et
symbolisme




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Biographie
Témoin de la barbarie du XXe siècle –
il doit fuir adolescent devant les persécutions nazies avant de
voir déporter son père à Auschwitz d’où
ce dernier ne reviendra pas – Marcel Mangel puis Marceau (pseudonyme
qu’il adopte lorsqu’il rejoint la Résistance en 1942)
avait choisi « d’être un témoin silencieux de
son temps ». Cet artiste français célèbre dans
le monde entier avait fait de ses yeux, de sa physionomie, de son corps,
dont il usait comme d’un instrument de musique silencieux, la matière
même de son art.
Après avoir fréquenté l’École des arts
décoratifs de Limoges, qui lui laisse le goût du dessin et
de la peinture qu’il pratique régulièrement, Marcel
Marceau devient l’élève de Charles Dullin, de Jean-Louis
Barrault et d’Étienne Decroux, qui établit la «
grammaire » de l’art du mime qu’il appelait la «
statuaire mobile ».
Son art du mime ou plutôt du « mimodrame » consiste
à donner forme à ses pensées au travers des gestes.
Le 22 mars 1947 sortira de l’ombre des coulisses un drôle
de personnage, Pierrot lunaire, "hurluberlu blafard" à
l’œil charbonneux et à la bouche déchirée
d’un trait rouge, un drôle de haut-de-forme sur la tête,
une fleur rouge tremblotante servant de panache à ce Don Quichotte
dégingandé partant en croisade contre les moulins à
vent de l’existence : BIP était né, aussi indissociable
de Marcel Marceau que Charlot de Chaplin.
En 1947, il fonde sa propre compagnie (Compagnie Marcel Marceau) - la
seule compagnie de mime existant dans le monde et inscrit au répertoire
des mimodrames et des pantomimes (Le Manteau, d'après Gogol, Le
Joueur de flûte, Exercices de style, Le Matador, Le petit cirque,
Paris qui rit, Paris qui pleure).
En 1952, il engage dans sa compagnie Pierre Verry, élève
avec lui d’Étienne Decroux, qui sera son partenaire attitré
jusqu'en 1979. Le mime Marceau devient au fil des années l’un
des artistes français les plus connus dans le monde, notamment
grâce à ses tournées aux États-Unis où
il crée une vraie révolution théâtrale dans
les années 1950. Il poursuit son œuvre gestuelle à
travers les plus grandes scènes du monde. En 1978 se réalise
le souhait de toute sa vie, la création d’une école
internationale de mimodrame destinée à transmettre la "grammaire"
réinventée par Etienne Decroux et le fruit de ses cinquante
années d’expérience.
Cette Ecole, subventionnée par la Ville de Paris, verra
enfin le jour en 1978 et y seront enseignées toutes les disciplines voisines
du mimodrame, selon le vu de son créateur : "Il
ne suffit pas dutiliser une technique, de sortir dune école
pour devenir artiste. Il faut créer un esprit et une méthode dramatique
qui fassent évoluer lélève. [
] Ils sapercevront que
lédifice de leur technique, que la mécanique du tragi-comique, que
les codifications dun style et dun esprit sinstruisent
à lécole et se complètent par lexpérience de la vie et de
leurs rapports avec le public".
Discours
prononcé par M. Marcel Landowski lors de la séance publique
de réception de M. Marcel Marceau, le mercredi 27 octobre 1993.
Discours
prononcé par M. Marcel Marceau en hommage à M. Germain Bazin
lors de la séance publique du mercredi 27 octobre 1993. |