Discours de M. Pierre SCHOENDOERFFER
Installation de M. Yann ARTHUS-BERTRAND
Académie des Beaux-Arts
Merdredi 15 octobre 2008
Mon cher Yann Arthus-Bertrand, mon cher confrère, je vous remercie
de m’avoir invité à vous recevoir, à vous
installer comme nous disons, dans votre fauteuil de l’Académie
des beaux-arts de l’Institut de France, sous cette prestigieuse
coupole qui – et cela n’aura pas échappé à
votre œil de photographe – qui est ronde à l’extérieur,
ovale à l’intérieur ! … C’est un honneur
pour moi. Et une joie.
C’est impressionnant aussi. Il y a la solennité d’un
rituel pluriséculaire immuable. Cela est juste : après
tout vous êtes « immortel » maintenant.
Je me dois de faire votre éloge, de conter votre vie. Il y aura
de la gravité, bien sûr, mais – connaissant votre
cœur, autant que je sache – je voudrais qu’il y ait
de la légèreté, et surtout de la joie. Car vous
nous avez donné, vous nous donnez, à nous tous ici, et
à la multitude, la joie.
Je voudrais vous parler du Courage et de l’Espérance. Deux
vertus qui m’importent, et sont vôtres.
Le courage d’abord. Parce que sans courage, il n’y a rien.
Du courage, on n’en aura jamais assez ; il nous en faut à
tous et à chacun, et de toutes les sortes, de toutes les variétés
et de toutes les espèces, selon les caractères et les
conditions… Du courage du midi dont on parle peu, qui consiste
à être fidèle à ses espérances de
jeunesse… Et celui du crépuscule, à l’heure
où les ombres s’allongent et où l’on pressent
que le bout de la route est proche…
Nous avons besoin de courage tous les jours. Sans parler des nuits !
L’Espérance ! Ah l’Espérance, voilà
qui m’étonne moi-même, et je n’en reviens pas.
L’Espérance, contre toute raison, contre toute logique.
Petite bougie allumée dans la nuit froide, la plus noire, dont
la flamme vacillante, tremblotante à tous vents, semble trébucher,
expirer… Mais qui ne s’éteint jamais.
L’Espérance est aussi universelle que la mort.
Oui. Courage, Espérance. Espérance, Courage. Ces deux
vertus sont sœurs. Laquelle est l’aînée ? Je
ne sais… Peut-être sont-elles sœurs jumelles ?
Comme on relève des empreintes sur une piste dans la jungle,
il me faut remonter loin en amont pour retrouver votre trace jusqu’à
sa source.
La source profonde ! Arthus-Bertrand évidemment, cette vénérable
institution familiale gérée avec une rigueur qu’on
pourrait qualifier de janséniste, vieille de plus de deux siècles,
qui semble faire partie intégrante de la Place Saint-Germain-des-Prés.
Des artistes, des orfèvres, des bijoutiers, des joailliers, des
fabricants de médailles et de décorations. Vous êtes
né avec une cuillère en or… non, en argent dans
la bouche. cela oblige !
Si je porte aujourd’hui ces deux rangées de décorations
– ce qui m’arrive rarement – ce n’est pas par
vanité, pour me hausser du col, c’est pour rendre hommage
à vos ancêtres, à votre père… Il y
a là l’ordre du Parasol blanc et du million d’éléphants,
du mérite des Sip hoc chau, de l’Anus-a-Rha, de l’Issam
Alaouite. Des noms exotiques qui font rêver ! Des hochets, bien
sûr, comme disait Napoléon. Des hochets qui me sont chers
au cœur, si lourds pour moi de joyeux souvenirs de jeunesse, de
fierté… et de mort. Votre père qui fut soldat en
sait autant que moi à ce sujet… Avec la guerre, je les
avais perdues, détruites quand je fus prisonnier. Où les
aurais-je retrouvées, si ce n’est chez vous ?
Mais revenons à nos moutons… Pardon, je veux dire revenons
à vous… C’est un cliché de dire aujourd’hui
que tous les grands artistes ont conservé une âme d’enfant.
Un cliché peut cacher une part de vérité.
De votre petite enfance, je ne parlerai pas. Vous n’en parlez
vous-même jamais. C’est votre trésor, votre bien
caché, votre secret. C’est en elle que vous puisez votre
courage, et ces forces neuves toujours renouvelées dont vous
avez besoin pour nourrir votre œuvre.
J’ai toujours été fasciné par le cheminement,
les tâtonnements, par quelles incertitudes, par quels concours
de circonstances, de hasards, de rencontres fortuites – qui semblent
dénués de sens, comme un puzzle dans le désordre
– comment un homme est amené à consacrer sa vie
à sa vocation, à son art. Ce n’est pas écrit
d’avance. Je ne crois pas au déterminisme. Le destin en
gestation est encore noyé dans une sorte de brouillard. Aucun
de ces cheminements n’est semblable. Ils sont uniques pour chacun.
Nos confrères, ici présents, tous des artistes, ne me
démentiront pas.
Vous avez refermé derrière vous la petite porte de l’enfance.
Vous tournez le dos au milieu aisé de la bourgeoisie qui vous
a vu naître. Vous jetez votre gourme, laissant vos parents un
peu désemparés. Vous êtes un contestataire, un rebelle
sans cause. Nous sommes à la fin des années soixante.
Un regard clair, presque trop intense. Une réserve, des silences
qui vous donnent l’air farouche. Et puis soudain un flot de paroles
qui dévale avec la force d’un torrent…
Mai 1968 ne vous comble pas, ne vous épate pas. Vous prenez comme
elles viennent la bonne et la mauvaise fortune – les plaies et
les bosses. Vous errez dans Paris, vous butinez comme un papillon au
vol erratique, incertain, jeune homme au physique d’acteur de
cinéma. Vous devenez même acteur, jeune premier, et vous
serrez dans vos bras Michèle Morgan le temps d’une scène.
Heureux mortel… Oh. Excusez-moi : heureux immortel.
Levez-vous Alizés désirés qui devez emporter Yann…
En attendant vous tuez le temps, avec une élégance, une
désinvolture aristocratique. Aristocratique, le mot est juste,
il vous va parfaitement.
« on marche, on marche. Et le temps marche aussi, jusqu’au
jour où l’on découvre devant soi une ligne d’ombre
qui vous avertit qu’il va falloir, à son tour, laisser
derrière soi la contrée de son adolescence »…
C’est mon vieux Maître, Joseph Conrad, qui nous enseigne
ça.
La ligne d’ombre. Il est maintenant grand temps pour vous de
faire ce premier pas, qui est le début d’un long voyage,
comme disent les Chinois. À chausser vos semelles de vent et
porter votre regard bleu sur les cinq continents et sur les sept mers,
pour rendre le mieux possible justice à l’univers visible,
pour découvrir dans ses formes, dans ses couleurs, dans sa lumière
et ses ombres, dans les aspects de sa matière, dans les faits
de la vie même, ce qui est fondamental, ce qui est durable et
essentiel.
Une formule me semble bien exprimer votre état d’esprit,
à cet instant et jusqu’à aujourd’hui, et demain.
Ce que je ne veux pas : je sais.
Ce que je veux : je cherche.
« Je ne cherche pas, je trouve » aurait, paraît-il,
dit Picasso.
Vous, vous cherchez et vous trouvez. Vous cherchez encore et vous trouvez
encore. Vous cherchez toujours et toujours vous trouvez. Par votre constance,
votre courage à ne vous laisser jamais détourner, ni distraire
de votre but, une fois ce but bien défini dans votre esprit.
C’est une dame qui va vous prendre par la main pour ce premier
pas au-delà de la ligne d’ombres. Votre épouse,
Anne. Elle est propriétaire du domaine de chasse de Saint Augustin
dans l’Allier. Vous avez l’idée de créer une
réserve animalière. Un zoo suivra. La nature, les animaux…
voilà. C’est parti ! Une deuxième naissance…
joyeusement, courageusement, sans plus renâcler, vous vous engagez
sur une piste vierge. Vous ne savez pas où elle va vous mener.
Dieu merci !... C’est ça qui est magnifique. Vous me faites
penser à un romancier qui, ayant laborieusement rempli sa première
page blanche, se demande : comment vais-je pouvoir arriver à
mes fins…
Vous marchez. Après un pas, un autre pas, et un autre encore,
et encore… « Le visage enflammé, le vent sifflant
dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frimas, enchanté,
tourmenté, et comme possédé par le démon
de mon cœur », dit René, Vicomte de Chateaubriand.
C’était un romantique.
Vous aussi êtes romantique. Mais vous êtes de surcroît
un organisateur, un entrepreneur, un patron. Vous gérez au mieux
votre entreprise. La rigueur, la rigueur Arthus-Bertrand, le vieil héritage
familial. Vous n’êtes toujours pas photographe. Patience…
J’y viens. Je suis bien forcé d’y arriver puisque
vous êtes assis ici, dans votre fauteuil de photographe.
Dix ans. Vous passez dix ans dans votre réserve de Saint-Augustin.
Et puis… vous êtes insatisfait… Vous aspirez à…
Il vous faut… Oh ! Que le vent se lève. Vous avez 33 ans,
l’âge du Christ, de la Résurrection. Vous larguez
tout. Vous partez avec Anne et les enfants pour l’Afrique, pour
le Kenya, pour les mythiques grands espaces du Massaï-Mara.
Vous aimez la nature, les bêtes, vous commencez à les connaître,
même les bêtes sauvages prisonnières de votre zoo.
Vous voulez les voir vivre libres, sauvages dans leurs territoires sauvages.
Vous entrez avec ravissement dans le monde que vous espériez.
Vous vous improvisez guide pour safari-photo, promenant des touristes
en mal de sensations – il faut bien vivre ! Naturellement, vous
vous mettez à la photo, mais avec le sérieux, la rigueur
qui vous caractérise. Vous avez le pressentiment que la photographie
est un des moyens d’entrer dans le secret des choses.
Le secret des choses ! Nos confères de l’Académie
des Sciences en savent plus : ils nous disent que notre monde visible
n’est qu’illusion, chimère, que ce solide bureau
sur lequel je m’appuie, ces murs épais, cette coupole de
pierre ne sont que vide et agitation incohérente de particules
infinitésimales qui peuvent être simultanément corpuscules
et ondes.
La vérité ? Dans l’univers quantique, il n’y
a plus de vérité, juste des probabilités.
Vertigineux ! … Mais vous êtes pragmatique, les deux pieds
solidement plantés sur notre terre. Vous êtes comme saint
Thomas, vous ne croyez qu’à ce que vous pouvez voir, et
toucher. Que nos yeux soient des instruments incomplets – «
une lyre où il manque des cordes », comme disait Chateaubriand
en parlant du cœur humain – qu’importe. Ce qu’ils
nous laissent entrevoir de la splendeur de la création vous comble,
vous enchante, vous émerveille… Peut-être que votre
regard bleu est une lyre où il manque moins de cordes qu’à
nous autres commun des mortels. Qui sait ?
Saint Thomas, vous allez voir, et toucher des gorilles, des éléphants,
des lions. Vous les photographiez en plein élan.
« Arrête-toi, tu es si beau », aurait dit le Faust
de Goethe, parlant à cet instant magique, qui n’est jamais
qu’une fugitive apparition, aussitôt vue qu’évanouie,
et que votre photo nous conserve pour l’éternité.
Vous passez votre brevet de pilote de montgolfière pour mieux
vous approcher et surprendre silencieusement vos proies… Vous
êtes fasciné par les lions, comme le fut Joseph Kessel
en son temps.
Ah ! Kessel ! Un homme selon votre cœur. Vous partagez les mêmes
valeurs, les mêmes vertus. La fidélité en amitié,
une insatiable curiosité, une écoute attentive des autres,
un amour violent de la vie… et bien sûr le courage et l’espérance.
Sans doute ne partagez-vous pas son goût immodéré
pour les Nuits de Princes à la russe, la musique tzigane endiablée,
et sa capacité à croquer et manger des verres de vodka
– en cristal de préférence – ou à les
briser sur son crâne pour en réclamer d’autres. Personne
n’est parfait et vous êtes un sage.
Jeune mowgli du « Livre de la jungle ». Vous restez trois
ans au Kenya, en Afrique, en la bonne compagnie des zèbres, des
girafes, des rhinocéros, des hippopotames, des crocodiles, des
innombrables gnous et toujours des lions. À bord de votre montgolfière,
baladant vos riches touristes, vous rêvez d’être un
oiseau.
Quel enfant n’a pas rêvé d’être oiseau
en regardant le vol des oies sauvages en partance pour des régions
inconnues, d’être un petit Niels Olgerson sur les ailes
d’Aka de Kebnekaï… Quand Jacques Perrin préparait
son film « Le Peuple Migrateur », il m’a embarqué
un jour sur un de ses U.L.M. et j’ai volé au milieu des
oies gris-cendré de Sibérie. J’aurais pu les toucher…
J’ai été Niels Olgerson.
Vous rêviez d’être oiseau, vous l’êtes
devenu. Vous l’êtes resté. Dans le parc de votre
résidence, aujourd’hui, vous avez construit une petite
maison dans un chêne tricentenaire, comme un nid d’oiseau
pour vos trois petits, qui sont devenus grands… Une maison dans
les arbres, un autre rêve d’enfant… Je l’ai
déjà dit, vous avez gardé une âme d’enfant.
Je vais être obligé d’être oiseau, moi aussi,
pour survoler votre vie. Elle est trop riche, et le temps qui m’est
imparti trop court. Je ne peux que renvoyer succinctement un écho
de votre destiné.
D’abord quelques généralités en vrac, pour
m’aider à prendre mon envol dans votre sillage.
Quand on rencontre un homme de qualité, on dit judicieusement
: cherchez la femme. Dans votre cas, elle est toute trouvée :
c’est Anne. Sans elle vous ne seriez pas tout à fait ce
que vous êtes. Vous êtes un père de famille, et vos
trois fils grandissent et fleurissent à vos côtés.
Homme pressé, vous découvrez la valeur du temps. Vous
pouvez passer des heures immobile, en embuscade, tapi dans une Land-Rover
ou perché sur un arbre, pour obtenir ce que vous cherchez…
vous maîtrisez le temps : toujours pressé pour le trivial,
d’une patience infinie pour approcher l’essentiel.
Vous êtes un cocktail rare, parfaitement équilibré,
de Raison et d’Émotion. Nulle n’interfère
sur l’autre. Vous êtes un… scientifique, disons-le,
et un artiste.
Vous n’êtes pas d’un caractère facile. Vous
êtes déterminé, emporté, intransigeant, volontariste,
perfectionniste, endurant, exigeant… Vous avez envie de me dire
: « n’en jetez plus, la cour est pleine ». Non, je
déballe tout pour ne plus y revenir. Vous êtes juste, chaleureux,
attentif, bien élevé. Vous avez une équipe de collaborateurs
fidèles et vous leur êtes fidèle… Comme dans
un pack de rugby. L’amitié ! Vous êtes un méthodique
instinctif, un matérialiste insatisfait, en quête d’une
transcendance. Vous avez horreur de la violence gratuite, de la haine,
et vous aimez avec violence.
Vous rentrez à Paris, après trois ans d’Afrique.
Vous publiez votre premier livre – « Les Lions » -
chez Hervé de la Martinière, un éditeur qui deviendra
votre ami. Puis un second livre sur les guerriers massaïs. C’est
Anne qui rédige les textes.
Vous êtes reconnu comme un photographe majeur, le plus grand sans
doute de la nouvelle génération. Vous êtes à
la mode, vous touchez à tout. À tout, sauf à la
publicité !... Paris-Dakar. Tournois de tennis de Roland-Garros.
Tour de France. Venise. La Papouasie. La Mongolie. La Cordillère
des Andes… etc. Une boulimie joyeuse, comme une légère
ivresse. Vous semblez vous disperser, mais vous laissez chaque fois
votre marque indélébile. Ce qu’on appelle le style…
La construction d’une œuvre ! Vous avez le don d’ubiquité,
vous êtes là et ailleurs en même temps, comme les
atomes de l’univers quantique.
Sur un fond de bâche tendue – comme Nadar, il y a plus d’un
siècle et demi – vous photographiez les animaux domestiques
avec leurs éleveurs, les paysans, à chaque salon de l’Agriculture.
Très attentif à la rédaction des légendes
qui accompagnent la photo. À juste titre : on regarde la photo,
on lit la légende, on regarde à nouveau la photo et on
voit ce qu’on n’avait pas perçu à la première
vision. Vous publiez le livre : « Les Bestiaux », qui nous
fait ressentir les nobles rapports des hommes et des bêtes.
Yann. Il est temps maintenant de déployer ton vol. D’être
l’oiseau que nous attendons.
Vous envisagez un projet, longuement mûri, complètement
fou, démesuré, impossible : « La Terre vue du Ciel
»… L’état des lieux photographique de notre
terre – la planète bleue, comme l’ont vue les astronautes…
je m’arrête et reprends mon souffle.
Yann Arthus-Bertrand réussit l’impossible. C’est
un chef d’œuvre. Une découverte et une joie pour l’œil…
et une leçon.
Une leçon qui n’est pas assénée à
coup de slogans, une leçon qui est suggérée avec
la force de persuasion de l’évidence, de la vérité.
Fils, voilà ta terre, notre mère. Glorieuse et fragile.
O fils, vous l’avez rendue malade, ne l’achevez pas.
Yann Arthus-Bertrand n’est pas le prince Mychkine, l’Idiot
de Dostoïevski, il ne croit pas que la beauté sauvera le
monde. Il sait que demain la laideur, la pollution humaine, le gaspillage
écologique, l’indifférence, l’inconséquence,
tous ces multiples cancers vont tuer notre terre… Nous ne savons
ni le jour ni l’heure.
« Demain. Oh ! demain, c’est la grande chose !
De quoi demain sera-t-il fait ?
L’homme aujourd’hui sème la cause
Demain Dieu fait mûrir l’effet » disait déjà
Victor Hugo.
En regardant, en lisant « La Terre vue du Ciel », je suis
dans l’enchantement, emporté par le mystère de la
beauté de la création… et puis, insidieusement,
une sourde angoisse m’étreint. Ce livre est un testament,
mais demain nul ne pourra en prendre connaissance parce que l’humanité
sera morte avec la terre.
Je suis un pessimiste… Je l’étais.
Yann Arthus-Bertrand ne se veut pas pessimiste. Il a l’Espérance
chevillée au corps. La petite bougie allumée dans la nuit
!... Il nous dit que rien n’est perdu. Qu’on peut infléchir
le destin. Qu’on peut sauver notre mère. Nous en avons
encore le pouvoir, il faut le vouloir. Il y croit. Et je veux y croire.
Il a ébranlé mon pessimisme, le mien et le vôtre,
le nôtre.
« Il est trop tard pour être pessimiste », affirmez-vous.
J’aurais tant de choses à vous dire encore… Votre
film : « Six milliards d’autres ». Cette vieille femme
marquée par la vie, d’une ethnie du bout du monde, à
qui vous demandez : « Pouvez-vous pardonner ? » et qui répond
sans hésiter : « Oui, sinon qui me pardonnera ? »
Tant de choses encore…
Votre œuvre me met en joie. Me donne envie de rire. Éclater
d’un rire de pure joie. Merci.
Bienvenue à bord – je parle comme un marin – bienvenue
dans notre Compagnie, Monsieur Arthus-Bertrand, mon cher confrère.