Discours de Yann Arthus-Bertrand
Mercredi 15 octobre 2008

Académie des Beaux-Arts


Chers amis,

La voix que vous venez d’entendre exprime une émotion qui ne pourra jamais se traduire avec des mots. J’avais envie de vous parler de beauté, et rien ne décrit mieux la beauté que la beauté elle-même.

Et puis vous l’aurez compris sans que je vous le dise : ce moment musical m’a permis de retarder encore de quelques minutes le moment d’entrer dans la fosse aux lions.

Pardonnez-moi cette comparaison, mais en me présentant devant vous j’ai l’impression d’être soumis à l’un de ces rites d’initiation tribale, semblable à ceux que j’ai si souvent photographiés et qui font passer les jeunes gens à l’âge adulte, passage souvent douloureux !

J’ai même revêtu le costume de cérémonie…

Je voudrais remercier mon ami Pierre Schœndœrffer. C’est émouvant pour moi qu’un héros parle de moi si gentiment, parce que Pierre est pour moi un héros.

Nous connaissons tous son histoire. Sur son visage se lit sa droiture et dans son regard se reflète une joyeuse humanité.

Quand il a été fait prisonnier à Dien Bien Phu, on a demandé à sa mère si elle était inquiète, et elle a répondu : « il a bien trop de joie en lui pour mourir ». Eh bien quand on le voit aujourd’hui, on se dit que sa mère avait raison.

Mais pour revenir à ce qu’il a dit de moi, eh bien tout est vrai – je suis un garçon formidable, mais jusqu’à maintenant, j’étais seul à le savoir. Merci, mon ami Pierre, de l’avoir appris aux autres !

Pour être plus sérieux… Entrer à l’Académie des Beaux-Arts… moi qui ne me suis jamais considéré comme un artiste ! Et bien aujourd’hui, j’ai cette chance inouïe de partager cette maison avec des colocataires exceptionnels.

Quand on m’a proposé de poser ma candidature, j’ai eu un petit moment d’hésitation. Pourquoi ? J’étais entièrement d’accord pour me faire immortaliser, mais il était hors de question de me fossiliser. Au contraire, vous m’offrez aujourd’hui l’opportunité d’un souffle nouveau pour créer ensemble : dans reconnaissance il y a renaissance.

Je ne connaissais de l’Académie que ce que tout le monde en connaît, c’est-à-dire très peu de choses. Et c’est dommage, parce que l’Académie fait une quantité de choses remarquables, pas assez connues, et que j’aimerais citer, pas pour les Académiciens qui sont ici mais pour les autres, qui l’ignorent :

- vous aidez, pardon, nous aidons, près de deux cents artistes par an ;
- plus d’un million d’euros est décerné chaque année sous forme de prix, de bourses et de concours ;
- un demi-million est consacré aux artistes dans le besoin ;
- et il y a aussi beaucoup d’artistes en résidence.

L’Académie, en deux mots, est moins conformiste qu’on le dit. Preuve en est le fait que vous m’ayez choisi, alors que vous saviez que je n’étais pas du tout d’accord avec votre livre blanc sur les éoliennes en France.

En tout état de cause, je suis convaincu que l’Académie des Beaux-Arts n’est rien d’autre que ce que NOUS en faisons. Et nous sommes tous d’accord pour penser que nous pouvons faire encore beaucoup plus.

Un signe d’ouverture très fort est que vous accueillez aujourd’hui un deuxième photographe.

L’an dernier à la même époque, à cette place, soumis à cette même épreuve d’initiation, Lucien Clergue se trouvait confronté à la même difficulté que moi : devoir se lancer sans filet, c’est-à-dire sans personnage à qui lancer des fleurs et tresser des couronnes. Premier académicien de sa discipline, Lucien Clergue a parcouru, avec brio, vingt-cinq siècles de photographie, d’Aristote à Salgado.

Mais moi, alors ? Que me reste-t-il ?

Grâce à la tradition de l’éloge, la plupart de mes confrères ont eu tout le loisir de parler d’eux-mêmes sous couvert d’une référence au modèle impérissable de leur prédécesseur.

Mais moi je n’ai pas cette chance. Je ne peux me reposer sur aucun illustre fauteuil qui m’aurait servi de modèle.

Alors, j’ai choisi de vous parler de mes modèles. Mes modèles sans lesquels je ne serais pas ici. Ces modèles au sens le plus littéral, au sens où les peintres, les sculpteurs et les photographes l’entendent, mais aussi les modèles auxquels on se réfère, les modèles de vie : ces modèles qui m’ont fait, et auxquels je voudrais rendre hommage aujourd’hui.

Mon premier modèle, je m’en souviens, était une superbe blonde. Je vous l’avoue tout net : je ne connaissais pas son nom lors de notre première rencontre. Mais les premières prises de vue se sont avérées si… captivantes qu’à plusieurs reprises, elles se sont prolongées toute la nuit…

Du coup, j’ai été présenté à toute la famille, et nous avons vécu trois ans ensemble. C’était en Afrique, au tournant des années 80.

… Vous l’aurez deviné : mon premier modèle était une LIONNE. Je l’ai suivie tous les jours pendant trois ans avec ma femme, ma douce Anne, pour une étude de comportement des lions.

Ils m’ont appris la patience, à moi qui en avais si peu. Pendant ces années, nous avons refait cent fois, mille fois la même chose, nous les avons attendus pendant des heures, pendant des jours, nous avons suivi chacune de leurs apparitions, et plus ça se répétait, moins nous nous lassions et plus nous apprenions.

Je dois aussi aux lions cette conscience aiguë de faire partie du même monde qu’eux, c’est dans ces plaines du Kenya que j’ai pris toute la mesure de ce lien qui unit le vivant, les vivants. J’ai compris que je faisais moi aussi partie de cette nature, que toute cette vie, animale et végétale, c’était ma famille.

Ces réserves sont des paradis pour les photographes ou chercheurs animaliers, les animaux n’ont pas peur de l’homme, ce n’est plus un prédateur.

Ce matin, en courant, comme tous les matins, dans la forêt de Rambouillet, et en voyant s’enfuir au loin devant moi une biche et son faon, je me suis souvenu de mon séjour chez les gorilles de Diane Fossey au Rwanda. Malade, elle ne pouvait pas venir avec moi et j’allais seul tous les matins à la rencontre des grands singes.

Le premier jour elle m’avait dit : « … ne les regarde surtout pas dans les yeux, baisse bien la tête pour les approcher, ne sois pas arrogant… »

Je m’étais installé dans une petite clairière à 50 mètres d’eux, et à mon étonnement et à ma grande inquiétude, tout le groupe de gorilles est venu autour de moi, le grand mâle à dos gris m’a fait une parade d’intimidation avec tout son poil hérissé…

Je baissais la tête au maximum… il s’est assis à côté de moi et s’est endormi en mettant la tête sur mon pied… j’ai pleuré d’émotion. Cet animal sauvage n’avait pas peur de moi, sa confiance était un cadeau, cette intimité était un privilège.

J’ai aussi compris avec les lions que la photographie donne une information que ne peut donner l’écriture. C’est à ce moment que j’ai réalisé que je devenais photographe ; les lions ont été mes professeurs de photo, ils ont construit mon regard, je leur dois beaucoup.

Je n’ai pas peur de dire qu’une lionne qui chasse dans les herbes au soleil couchant, les oreilles repliées sur son crâne, tout son corps ondulant tendu vers sa proie, constitue un moment de pure beauté naturelle, sans le moindre artifice.

Dernièrement, je demandais à un garde d’une réserve à Madagascar pourquoi il était important de sauver ce magnifique grand lémurien, noir et blanc, l’indri…

Il m’a répondu spontanément : « Parce qu’il est beau et que l’homme a besoin de beauté, pour vivre ».

Il a tellement raison.

Est-ce que mon métier n’est pas simplement de montrer cette beauté ? Mais il y a quelque chose de désespérant là-dedans. J’ai toujours l’impression que mes photos sont en deçà de ce que j’ai vu et ressenti à ce moment-là.

C’est sans doute cette insatisfaction permanente qui fait qu’on devient vraiment un photographe.

Mon deuxième modèle a été la Terre. A cet égard, la conférence de Rio, en 1992 a été un déclic. J’ai décidé de faire un état des lieux de la Terre.

Faire le portrait de la Terre, c’est comme faire le portrait d’un visage aimé. Pour réussir un portrait, on laisse parler le visage. Avec la Terre c’est pareil : j’ai une vision de la terre, évidemment, mais j’essaie de laisser la Terre parler d’elle-même. C’est un langage universel : ce que dit la Terre, ce que dit sa beauté, tout le monde le comprend. Je l’ai vérifié de Kaboul à Chicago.

La beauté de la Terre, tout le monde la voit. On est aux antipodes des canons culturels de la beauté.

Mais la Terre nous fournit un modèle d’une autre manière. C’est un modèle de croissance. La vie est un succès qui dure depuis 4 milliards d’années. Quel plus bel exemple de développement durable ? En deux mots, la Terre n’est pas seulement belle, elle est intelligente.

La fréquentation de la Terre, de sa beauté, de son intelligence, m’a complètement transformé.

D’abord, sa beauté m’imprègne. Je ne peux pas le dire autrement ; c’est quelque chose comme une certitude.

Dès que je m’envole avec mes appareils photos, je sais que je vais faire beau. Parce que le modèle est beau, et parce que je le veux comme tel. La beauté de la Terre m’appelle, et je viens.

L’intelligence de la terre ne m’a pas transformé, elle a révolutionné ma vision des choses. En la fréquentant de près, j’ai compris l’équilibre extrêmement subtil, ou plutôt le mécanisme fragile dont nous tous, ici, sommes le résultat.

Mon troisième modèle a surgi naturellement, comme une évidence.

Nous faisions des prises de vue au Mali, et nous nous sommes trouvés en panne d’essence. Dans le village où nous nous sommes arrêtés pendant quarante-huit heures, un homme m’a accueilli. Il m’a parlé de lui, de ses rêves, de ses espoirs. Et j’ai compris que la seule ambition de sa vie était de nourrir sa famille, ses enfants. Bien sûr, je savais ces choses.

Mais, même si j’avais fait mille photos de cet homme : aucune d’entre elles ne saurait restituer ses mots et la manière dont il me les avait dits. Il m’a rendu plus intelligent. Quelque chose s’est alors comme… décroché en moi.

En survolant la terre de haut, j’avais pris le recul nécessaire. Mais en même temps, je ratais quelque chose.

La distance empêche la compassion. La compassion, c’est éprouver - avec : il m’a paru tout d’un coup évident que je devais maintenant rencontrer les gens qui étaient sous mes photos pour… éprouver avec eux.

Cette troisième étape, ce troisième « modèle » s’est inscrit tout naturellement dans mon parcours.

Cette fable tibétaine en parle si bien :
« J’ai vu au loin un arbre qui bougeait ; je me suis approché, c’était un animal ; je me suis approché encore, c’était un homme ; j’ai continué à me rapprocher et j’ai vu que c’était mon frère. »…

C’est ainsi que j’ai lancé le projet « Six milliards d’autres ». L’idée de départ est simple : nous avons demandé à des milliers de gens, jeunes et vieux, dans des pays en paix et dans des pays en guerre, dans des pays riches et dans des pays pauvres, de nous parler de leurs joies, de leurs peurs, de leurs rêves, de nous parler d’amour, de famille, de leur travail, d’argent, de l’existence…

L’étranger c’est cet ami que je ne connais pas encore. « Six milliards d’autres » devient une suite naturelle de « la Terre vue du ciel », c’est la continuité de l’histoire.

J’ai lancé le projet, mais j’ai dû le confier à d’autres, une équipe magnifique. C’est aujourd’hui 5000 interviews réalisées dans le monde entier. Ce travail illustre bien la dimension désormais collective de mon travail.

Finie l’image du photographe solitaire, c’est vous dire tout ce que je dois à ceux qui m’entourent et qui me font l’honneur de travailler avec moi.

Ce n’est pas à vous que je l’apprendrai. On prétend que les artistes sont forcément, à un moment ou à un autre, amoureux de leur modèle. Eh bien ! je ne fais pas exception à la règle.

J’aime passionnément les animaux, j’aime passionnément la Terre, j’aime passionnément les autres.

Mais, assez curieusement, on prétend que l’artiste se libère, se débarrasse même de son modèle, un peu comme un matériau qu’on jetterait après usage. Or pour ma part, de manière constante et obstinée, je vogue totalement à contre-courant de cet impératif artistique. Mes modèles ne me quittent pas, même quand ils ont quitté mon objectif. A cent lieues de les chasser de mon atelier, j’ai même fait exactement le contraire ; c’est moi qui suis resté attaché à leurs pas. J’ai pris, à la lettre, « fait et cause » pour chacun de mes modèles.

Est-ce que mon « militantisme » me dévalorise comme artiste ? Aux yeux de quelques-uns d’entre vous, c’est probable. Mais il est trop tard pour me changer. Si je devais choisir entre l’esthétisme et l’humanisme, vous savez dans quel camp je serais. Ça ne vous a pas empêchés de me choisir, ce dont je vous sais gré.

En m’amenant à l’humanisme, la photographie m’a ouvert le monde des associations, des organisations non gouvernementales, les « ONG ». Je voudrais leur rendre hommage aujourd’hui, puisqu’elles sont largement et dignement représentées ici.

L’engagement rend heureux, je l’ai vérifié tant de fois.

Je me souviens notamment de cette sœur très âgée en Inde à Ahmadabad qui la première fois où je l’ai vue, aidait un lépreux à mourir… Elle l’embrassait, il n’avait plus de nez, plus d’oreilles, et elle le berçait dans ses bras. Elle resplendissait, elle l’accompagnait et moi je pleurais.

Et j’ai senti que cette générosité est commune à toutes les ONG. Parmi les milliers d’ONG, je vais vous en présenter quelques unes. Celles avec lesquelles j’ai travaillé. Je suis fier d’être à leurs côtés.

Dans notre pays, 13 millions de personnes sont des bénévoles.

Aviation Sans Frontières : 6 salariés et 60 bénévoles. Tout est dit. 7 000 colis livrés et par an, plus de 1000 enfants malades acheminés en Europe pour y être soignés.

Dans le monde, 12 millions d’enfants ont perdu leurs deux parents à cause du Sida. Association François-Xavier Bagnoud : l'œuvre incomparable d'une mère, Albina du Boisrouvray. 822 000 orphelins ont pu bénéficier de l’aide de cette association.

985 millions de personnes vivent dans une pauvreté extrême, c’est-à-dire, selon la Banque Mondiale, avec moins de 1 dollar par jour. ATD Quart Monde : refuser la misère et construire la paix. Je me souviens d’un homme qui m’a expliqué qu’il avait appris le roumain en cours du soir pour pouvoir parler aux enfants Rom de sa commune qui volaient les fleurs du cimetière pour les vendre. C’est ainsi qu’il a découvert leur situation et a décidé de les aider.

Presque trois milliards d'hommes et de femmes, parmi les plus pauvres, utilisent du bois pour cuire leurs aliments. L’association Bolivia Inti fournit des fours solaires en Bolivie, au Pérou, au Chili et en Argentine et ça marche.

Dans le monde, un enfant sur cinq ne va pas à l’école, selon l’UNICEF.

Fondation Bettencourt : Une fondation discrète à l'image de sa généreuse fondatrice Liliane Bettencourt, qui soutient ceux qui entreprennent dans le domaine de la science, de la culture et de l'humanitaire.

50 % des espèces de primates sont menacées d’extinction. Fondation Jane Goodall : c’est mon héroïne. Elle m’a donné envie de faire ce métier, je suis parti avec son livre sous le bras au Kenya. C’est une scientifique qui est devenue une militante. Son association travaille surtout avec les jeunes. Pourquoi, parce qu’en Afrique, 45 % de la population est âgée de moins de 15 ans.

Si chaque habitant de la Terre consommait autant qu’un Français, il faudrait trois planètes. Fondation Nicolas Hulot : la démarche exemplaire de Nicolas Hulot a contribué à mettre l’écologie à l’ordre du jour dans la politique de notre pays.

Plus d’un milliard d’hommes et de femmes n’ont pas accès à l’eau potable. France Libertés : je veux saluer le travail de Danielle Mitterrand, sa jeunesse d’esprit au service de convictions fortes et des droits de l’homme.

1,4 million de baleines ont été tuées au cours du XXe siècle. Greenpeace : les premiers à avoir courageusement combattu la chasse à la baleine. L’armée française a coulé leur bateau il y a 20 ans et j’ai été ravi de les retrouver il y a un an, invités à l’Elysée.

13 millions d’hectares de forêts naturelles sont détruits chaque année, selon la FAO. Instituto Terra : Sebastiao Salgado, un grand photographe, et sa femme, (et surtout des vieux compagnons de route photographique). Ils ont créé cette ONG qui veut démontrer qu'on peut faire repousser les arbres de la Mata Atlantica brésilienne.

Les Nations Unies estiment à 50 millions en 2010 le nombre de personnes qui pourraient être contraintes de quitter l’endroit qu’elles habitent en raison des conséquences du changement climatique. Les Amis de la Terre. Nous avons filmé un de leurs membres qui travaille au rapprochement des Palestiniens, des Israéliens et Jordaniens pour s’attaquer au problème du Jourdain et de la Mer morte dont le niveau baisse d’un mètre chaque année.

Une espèce d’oiseaux sur huit est menacée d’extinction selon l’UICN. Ligue de protection des oiseaux, la LPO, qu'anime mon ami Allain Bougrain-Dubourg.

Dans le monde, un enfant sur 20 meurt dans sa première année. C’est-à-dire près de 8 millions d’enfants. Mécénat Chirurgie Cardiaque : 1300 enfants opérés par Francine Leca et son équipe. Elle vient d’assister avec émotion à la soutenance de thèse de médecine d’une jeune malienne qu’elle avait opérée il y a 10 ans.

L’espérance de vie moyenne à la naissance est de 66 ans dans le monde. Elle est de 80 ans en France et n’est que de 33 ans au Swaziland. Médecins du Monde : une organisation internationale qui a un vrai pouvoir. Ils ont soigné 1,67 million de malades en 2007.

La Mucoviscidose, 6 000 enfants en France sont atteints par cette maladie qu’on ne sait pas guérir.Vaincre la Mucoviscidose : le courage des parents et surtout des enfants.

La crise économique est toute petite si on la compare à celle que subit la nature. Ces deux crises ont la même cause. Dans les deux cas, ceux qui exploitent les ressources ont exigé des taux de rendement impossibles à tenir, et utilisé des crédits qui ne pourront jamais être remboursés. Cette année, en 267 jours (du 1er janvier au 23 septembre), l'humanité a déjà consommé les ressources que la nature produit en un an.
Planet Finance : fondée par Jacques Attali pour aider le micro-crédit à se développer, cette fantastique invention de Muhammad Yunus.

Selon des scientifiques, nous sommes entrés dans la sixième grande crise d’extinction d’espèces vivantes. Celle des dinosaures était la cinquième. Pro Natura est une ONG du Sud (Brésil). Ses combats, s’attaquer à la pauvreté et à la perte de la biodiversité : nous travaillons avec eux à travers le programme Action Carbone de GoodPlanet.

86 journalistes tués et 131 emprisonnés en 2007. Reporters sans frontières : aider la liberté de la presse dans le monde entier.

La déforestation est responsable de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. La Fondation Yves Rocher s’est engagée à planter 5 millions d’arbres en 3 ans.

2 millions de personnes meurent chaque année de maladies transmises par une eau de mauvaise qualité, selon l’OMS. L’ONG Solidarités apporte une aide d’urgence aux populations victimes de conflits et de catastrophes. Elle centre ses interventions sur les problèmes de l’eau.

Il y a 1,3 milliard de paysans dans le monde et plus d’un milliard d’entre eux travaillent la terre avec des outils à main. Terre & Humanisme : C'est d'abord un homme sage Pierre Rabhi qui a compris que se nourrir et nourrir sa famille est la plus belle des ambitions.

218 millions d’enfants travaillent dans le monde et parmi ceux-ci 126 millions subissent les pires formes d’exploitation, selon l’OIT. L’UNICEF France soutient l’UNICEF, organisation des Nations Unies qui défend les droits de l’enfant.

30 % des ressources vivantes de la planète ont disparu ces 30 dernières années. Le WWF : une ONG symbole de la protection de la nature. Quand on demandait à McMillan, un ornithologue américain du siècle dernier, pourquoi il était important de sauver les condors, il répondait : «… pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous avons besoin pour nous sauver nous-mêmes. »

La Ligue de l’enseignement, la plus grande association française d’éducation populaire qui est associée avec une petite association, GoodPlanet. Entre cette association très connue et la toute nouvelle GoodPlanet s’est opérée une admirable rencontre au service des enfants. Sur les 120 gosses invités sur l’île de Port-Cros avec l’aide du parc national, certains n’avaient jamais vu la mer de leur vie. J’ai assisté à leur départ à la fin de leur séjour et beaucoup pleuraient. J’ai vu que l’équipe de GoodPlanet et de la Ligue avait réussi sa mission.

Tous ces gens ont pour principal moteur l’amour des autres, l’amour de la vie. Or, il y a une connivence directe entre l’amour et la beauté : ceux qui aiment beaucoup voient mieux… la beauté est réservée à ceux qui aiment.

Les gens des ONG ont beaucoup d’amour, donnent beaucoup d’amour, et savent mieux que personne ce que beauté du geste veut dire. C’est pourquoi j’ai tenu à les inviter ici, dans ce temple dédié à la beauté : il ME semble qu’ils ont ICI leur place à part entière.

Ici c’est l’endroit des immortels, je vais donc tous vous immortaliser : regardez en haut il y a un appareil photo.

Chers amis, c’est pour moi un jour très émouvant. La présence de chacun d’entre vous m’est précieuse. Je vous remercie de m’avoir écouté, moins avec votre jugement qu’avec votre cœur.

Vous avez bien compris, je voulais vous parler d’Amour… je vous aime. Merci.